L’anesthésie péridurale
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L’anesthésie péridurale

Par François Bart, Anesthésiste-réanimateur de l’Hôpital Lariboisière (AP-HP)

peridurale

Elle fait un peu figure de formule magique lors d’un accouchement puisque grâce à elle, les douleurs disparaissent. Il s’agit bien évidemment de l’anesthésie péridurale devenue désormais un grand classique lors des accouchements. Le docteur François Bart, anesthésiste-réanimateur de l’Hôpital Lariboisière à Paris (APHP) répond à nos questions concernant cette fameuse péridurale.


 

Qu’est-ce que la péridurale ?

Lors d’un accouchement, il s’agit d’anesthésier les racines nerveuses qui innervent l’utérus pour amoindrir le ressenti de la douleur lié aux contractions. On injecte des anesthésiques locaux, un peu comme chez le dentiste, dans l’espace péridural, juste à côté des fameuses racines nerveuses.

 

Comment cela se déroule-t-il en pratique ?

On effectue d’abord une piqûre d’anesthésie locale dans la peau avant d’utiliser l’aiguille de péridurale. Dans cette aiguille, on va placer un petit tuyau appelé cathéter qui restera dans l’espace péridural. Ce cathéter permet l’injection continue d’anesthésiques locaux pendant la durée du travail.

 

Le futur papa peut-il rester lors de la pose de la péridurale ?

Cela dépend des maternités, mais c’est rarement le cas

 

Y’a-t-il des indications médicales ?

Oui, lorsqu’il y a une présentation en siège, de l’hypertension ou un déclenchement par exemple, la péridurale est toute indiquée. Il faut savoir qu’il y a de plus en plus de péridurale en France, 70%, et dans notre hôpital, environ 85% des femmes qui accouchent le font sous péridurale.

 

A quel moment pose-t-on la péridurale ?

Il faut être en travail, c’est à dire que les contractions utérines doivent entraîner une modification du col utérin. Lorsque le travail est trop avancé parfois, on ne peut pas poser la péridurale car elle n’aura pas le temps d’agir.

 

Que faire si l’on trouve que la péridurale est trop forte ou trop légère ?

Il faut en parler et demander un ajustement à la hausse si la patiente a mal ou à la baisse si elle trouve qu’elle manque de sensations. Dans certains cas, les patientes ont une pompe à leur disposition et peuvent, en appuyant dessus, augmenter la dose injectée lorsque la douleur se fait ressentir.

 

Quels sont les risques de cette anesthésie ?

Les risques encourus sont inférieurs à celui de se faire renverser par une voiture en traversant la rue (1%) alors que les complications non mortelles de la péridurale sont d’environ 1/1000 ! Il y a un risque infectieux voilà pourquoi une péridurale est effectuée dans des conditions d’asepsie chirurgicale. Ce risque explique aussi que l’on ne posera pas de péridurale chez une patiente qui a beaucoup de fièvre. Il y a également un risque hémorragique et l’on peut avoir un hématome localisé près des racines nerveuses qui peut entraîner des troubles sensitifs, des fourmillements ou un déficit moteur qui théoriquement peut aller jusqu’à la paralysie. N’oublions pas que ces risques, s’ils existent, sont extrêmement minces. Plus classiquement, la patiente peut avoir mal au dos car l’anesthésie ayant soulagé sa douleur, elle a pu rester dans une position très inconfortable sans ressentir de gêne.

 

Les tatouages dans le bas du dos semblent être incompatibles avec la péridurale, qu’en est-il ?

Le risque théorique est d’entraîner des pigments de l’encre du tatouage dans l’espace péridural et d’avoir ensuite des complications. Dans la pratique, on fait en sorte de piquer une zone non tatouée ou bien de rechercher la meilleure solution pour la patiente.

 

A-t-on le droit de changer d’avis ?

Tout à fait ! Même si lors de la consultation d’anesthésie la future maman a déclaré qu’elle ne souhaitait pas la péridurale, elle peut changer d’avis au dernier moment et la demander jusqu’à la fin, à condition que le travail ne soit pas trop avancé.

 

Comment cela se passe-t-il après l’accouchement ?

On va retirer le cathéter, cela n’est absolument pas douloureux. Les effets de la péridurale vont se dissiper au fur et à mesure. Ensuite, il faut faire attention au premier lever, attendre d’être de retour dans sa chambre et appeler une infirmière pour sortir de son lit.

 

Propos recueillis par Marjoliemaman.

Par François Bart, Anesthésiste-réanimateur de l’Hôpital Lariboisière (AP-HP)


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Tous les commentaires

  • Annna (le 11/04/14 à 08H22)Oui et d'ailleurs, j'ai moi-même été choquée de m'entendre dire lors de la visite de ma future maternité alors que nous découvrions une pièce qui ressemblait à une chambre réservée pour certaines futures mamans qui veulent accoucher ainsi et ne désirent pas la péridurale, que certaines sage-femmes ne "pratiquaient pas ici" car elles ne le sentent pas. Autant dire que faire accoucher une femme sur un lit (même en milieu hospitalier) sans péridurale est devenu quelque chose de redouter par les sages-femmes.... En plus, nous suivons le même chemin que les Etats-Unis et la Chine avec dans les prochaines années l'augmentation significative des césariennes (presque 50% des naissances en Chine), surtout que j'ai appris il y a peu sur la césarienne extrapéritonéale encore méconnue, mais beaucoup plus confortable pour tout le monde....
  • une maman (le 22/03/12 à 21H20)Je ne remets pas en cause l'utilisation, parfois nécessaire, de la péridurale. Toutefois, je pense que cet article sous-estime les effets secondaires. Les ostéopathes spécialisés sur l'accouchement savent reconnaître au degré d'apathie du corps de la patiente qu'elle a eu une péridurale. Aussi, un des effets de la péridurale est que le personnel qui l'assiste pour la naissance peut plus efficacement effectuer "l'extraction abdominale" et autres pratiques qui malmènent le corps et qui ont des effets à long terme - le dos, par exemple, prendra bien plus de temps pour se remettre, et selon certaines études les femmes ayant eu une péridurale ont mal au dos bien plus longtemps après la naissance que celles qui ne l'ont pas eue... Bref, sans vouloir décrier cette pratique sur le principe - car elle permet d'alléger des situations d'accouchement critiques - le fait qu'elle soit aussi généralisée dans les maternités françaises actuelles est plutôt regrettable.
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