Qu’est-ce qu’une épisiotomie ?
C’est une incision de la peau, de la graisse et des muscles du périnée qui va de l’extrémité de la vulve en oblique vers l’anus. En interne, on coupe également la paroi du vagin. Le but est d’éviter une déchirure spontanée grave du muscle pendant l’accouchement. Cette incision se fait sur 5 centimètres en moyenne. Elle doit être faite sous antalgique péridurale ou anesthésie locale ainsi que la réparation par une sage-femme ou un obstétricien.
Dans quels cas a-t-on recours à l’épisiotomie ?
Jusqu’à il y a quelques encore quelques années, la principale raison était pour éviter les déchirures spontanées. On pensait qu’il valait mieux une incision facile à réparer qu’une déchirure. En effet les déchirures vont parfois du périnée jusqu’au sphincter de l’anus et aux parois du rectum. On pratiquait également l’épisiotomie pour gagner du temps. On pensait également que si on évitait une lésion importante, la femme serait moins exposée plus tard aux fuites urinaires et à la descente d’organes. Depuis, les avis ont évolués.
Pourquoi cette évolution de la pratique de l’épisiotomie ?
On s’est aperçu que la cicatrice n’est pas forcément mieux et moins douloureuse que lors d’une déchirure et même que parfois les déchirures spontanées sont moins douloureuses notamment lors de la reprise des rapports sexuels. Ensuite, l’épisiotomie n’évite pas forcément les déchirures graves. De même, il n’a pas été noté de différences concernant les fuites urinaires et l’intérêt de l’épisiotomie à long terme. Cependant, il y a des situations où l’épisiotomie est nécessaire, en particulier lors d’une extraction instrumentale avec forceps, ventouse ou spatules ou si l’orientation de la tête du bébé n’est pas idéale par exemple.
Quel est le taux d’épisiotomie en France ?
Il a beaucoup baissé et il est actuellement de 30%. Certains services plus sensibilisés sur le sujet affichent 15 à 20% d’épisiotomies. On essaye de limiter leur pratique car elle est bien souvent inutile mais il y a tout de même des situations où elle est nécessaire. Il faut en parler avant avec la future maman, lui expliquer et recueillir son avis. C’est ensuite sa responsabilité d’accepter ou de refuser.
Quelles sont les suites de couches après une épisiotomie ?
C’est la qualité de la couture effectuée par la sage-femme ou l’obstétricien qui permet un bon rétablissement. Il faut effectuer des soins locaux pour une bonne cicatrisation et surtout maintenir la cicatrice propre car la proximité de l’anus favorise les risques d’infection. Il faut environ trois semaines pour une cicatrisation du vagin et du périnée. Il faut peut-être attendre un peu plus longtemps pour la reprise de l’activité sexuelle car la zone est sensible et la patiente risque d’avoir peur d’avoir mal. Il faut attendre que cela soit bien consolidé, disons six semaines. Si la patiente souffre en raison de son épisiotomie, elle ne doit pas hésiter à demander des antalgiques.
Propos recueillis par Marjoliemaman.