L'éveil corporel des Winnies
Chez nous, on appelle les 2-4 ans les Winnies. Tout comme l'ours qui leur sert de symbole, les tout-petits sont encore patauds. Avec eux, nous travaillons tous les matins la motricité. Nous installons des parcours sur le sable. Ils doivent passer dessus, dessous, à droite, à gauche. Tout se fait par le biais de jeux qui permettent de travailler l'équilibre, la coordination. Par exemple, on pose sur le sable des contours de pieds colorés, pieds droits ou gauches, qui composent des parcours que les enfants doivent suivre. Ces trajets sont enrichis avec des plots, des flèches, des sens interdits. On insiste sur la latéralisation, tout en restant ludique. Nous utilisons beaucoup de matériel. Nos 5 animateurs sont tous étudiants en licence ou master de sport. Je suis moi-même professeur d'EPS. D'ailleurs, au départ, ce sont des profs de sport qui ont créé les premiers clubs de plage.
Les sauts des Petits loups
De 4 ans et demi à 6 ans, les enfants sont dans le groupe des Petits loups. À cet âge, ils se débrouillent mieux que les Winnies avec leur corps. L'objectif des séances matinales, c'est le gainage. Savoir contracter ses muscles, comme les abdominaux, les fessiers, etc. C'est incroyable comme la morphologie des enfants a évolué depuis l'arrivée des jeux vidéos, de l'ordinateur et de l'excès de télé. La plupart ont vraiment besoin d'être tonifiés. Pour cela, nous leur apprenons toutes sortes de sauts. Les petits loups se transforment en grenouille et doivent se déplacer cuisses repliées, en poussant avec leurs mains au sol. Ou bien ils font le crabe, l'écrevisse et se déplacent latéralement. Ils travaillent leurs fessiers et développent leur coordination. À cet âge, les enfants adorent le relais de la chenille. On avance tous ensemble, accrochés les uns derrière les autres, sans casser le corps de l'animal. D'année en année, on constate que le goût de l'effort baisse chez les enfants. Au début des activités, on propose des jeux à leur portée pour ne pas les décourager ou les frustrer. Puis on accroît la difficulté, au fur et à mesure. Avec l'émulation du groupe, tous se piquent au jeu. C'est plus facile qu'à l'école où le sport est obligatoire !
Des Mickeys et des Génius sportifs
C'est entre 6 ans et demi à 9 ans et demi que l'on devient un Mickey. Avec ce groupe, nos activités tournent autour des jeux de ballon. Ou comment attraper un ballon à 2 mains sans le prendre dans la figure. C'est un moyen de développer leur habileté. Ballon prisonnier, ballon chasseur, tous ces jeux contribuent à accentuer leurs repères dans l'espace et assurent le sens de la coopération. À partir de 10 ans, les enfants intègrent les Génius. Avec eux, nous travaillons le sport en faisant des matchs. Hockey, foot, basket, beach volley, ultimate (du frisbee avec des passes). La plupart de ces jeux s'effectuent en auto-arbitrage. Cela implique que tout le monde ait intégré les règles du jeu. De quoi travailler le sens du fair-play. Nous connaissons certains de ces enfants depuis qu'ils sont tout-petits. Sur l'île de Noirmoutier, il y a beaucoup de maisons de familles. Les gamins viennent été après été avec leurs grands-parents, les parents. Les enfants sont déjà passés par les Winnies et les Petits loups. Les « nouveaux » s'adaptent quand même très vite grâce aux jeux en équipes, qui décuplent le sentiment d'appartenance au groupe.
Les concours de l'après-midi
À leur arrivée l'après-midi, quelque soit le groupe, nous leur laissons du temps libre. Pour qu'ils jouent avec les balançoires, les trampolines, ou qu'ils discutent, qu'ils fassent une partie de cartes. Vers 16 heures, chaque groupe se lance dans un concours. Par exemple, on fait une construction en sable. Les enfants adorent le jeu de la « bille qui roule ». On construit ensemble une montagne de sable, la plus haute possible en fonction de leur âge. Pour les Winnies, elle ressemble à un gros gâteau, pour les Mickey ou les Genius, elle peut atteindre 1 mètre 50. Ensuite, on creuse autour de la montagne un petit chemin en lacet, le plus tortueux possible. Puis on lâche une bille au sommet, au début du chemin. Le but du jeu est qu'elle mette le plus de temps possible à descendre. Un autre concours star, c'est la forteresse à la mer. Les équipes construisent des murailles ou des châteaux forts face à la mer, à marée basse. On pose le roi et la reine dans leur palais. Ce sont des balles de ping-pong. Lorsque les vagues arrivent, on essaye de retarder l'écroulement du château en faisant des barrages d'algues ! Les enfants prennent ensuite un bon goûter, suivi de la remise des prix. Nos partenaires nous offrent des bonbons, de petits jeux, des gadgets Mickey à remettre aux enfants qui ont participé aux concours. Pour terminer leurs journées, certains prennent des leçons de natation en piscine ou font des jeux d'eau.
Le prix du repos des parents
Nos tarifs sont dégressifs en fonction du nombre d'enfants inscrits dans une même fratrie et de la durée du séjour. Nous pratiquons des prix à la demi-journée, à la journée ou à la semaine. Par exemple, 63 euros pour toutes les matinées pendant une semaine pour un enfant, 92 euros pour toutes les journées sur 7 jours. En principe, lorsque les familles les reprennent vers 19 heures, ils se sont défoulés toute la journée. Les parents ont pu se reposer après une année de travail et leurs enfants se sont amusés toute la journée avec des amis de leur âge au lieu de disputer avec leurs frères et soeurs ou de s'ennuyer devant la télé. Les enfants rencontrent ou retrouvent des copains de vacances qu'ils ne voient pas le reste de l'année car ils n'habitent pas au même endroit. D'ailleurs, pendant l'année scolaire il s'échangent des mails, des photos, discutent sur MSN. Et quand l'été revient, ils nous racontent leur année. Certains viennent même fêter leur bac avec nous sur la plage !
Propos recueillis par Laurence Billières.