Prévention : indispensable !
Comment, Krystell de Mouette, vous êtes-vous lancée dans la prévention des accidents domestiques ?
Il y a une douzaine d’année, ma formation d’éducatrice m’a amenée à travailler en centre de rééducation pour enfants. Y étaient accueillis des enfants gravement accidentés, en fauteuil roulant, amputés, ou gravement brûlés suite à un accident de la vie courante. Très vite l’évidence s’est imposée, il fallait intervenir avant l’accident. L’arme la plus efficace pour ce combat est incontestablement la prévention.
Que proposez-vous ?
Pour combattre ces tristes statistiques qui révèlent que les accidents domestiques sont la première cause de mortalité infantile, nous avons créé un concept ludo-éducatif intitulé « Les experts de la prudence ». Nous intervenons auprès des plus jeunes et éduquons aux dangers de la maison. Notre concept repose sur la réécriture des comptines et rondes de France comme « La mère Michel » ou « Frères Jacques », en comptines de prévention pour apprendre en s’amusant à faire attention.
Nous avons décliné notre « prévention en chanson » en livre, Cd audio et mallette pédagogique pour permettre aux parents, aux assistantes maternelles, aux enseignants et aux autres professionnels de l’enfance d’intervenir auprès des 2-8 ans.
La prévention passe par qui ? Enfants ou adultes ?
La prévention doit passer à la fois par les enfants et les parents. Nous avons fait le choix, il y a 10 ans, de considérer l’enfant comme vecteur de bonnes informations pour faire entrer ces messages préventifs au cœur de sa maison. Avec plusieurs années de recul, notre stratégie semble faire ses preuves d’efficacité au vu des nombreux témoignages que nous recueillons.
Enfants : un groupe à haut risque
A partir de quel âge peut-on parler aux plus jeunes des dangers de la maison ?
Vers l’âge de 2 ans, l’enfant commence à prendre conscience du danger. A cet âge, il a déjà eu quelques petites expériences avec son environnement entraînant chute ou bosse et commence donc à comprendre que son attitude et ses actions ont des conséquences.
Comment sensibiliser sans heurter ou effrayer ?
Bien sûr, la prévention ne doit pas être alarmiste ou effrayante, mais au contraire très positive et informative. Il faut expliquer sans dramatiser. Etre réaliste mais pas fataliste. C’est pourquoi nous avons choisi de le faire en chansons !
Quelles sont les réactions/questions des enfants que vous observez au cours des animations que vous menez ?
Lorsqu’on évoque les dangers de la maison avec les enfants, on s’aperçoit qu’ils ont tous une histoire à nous raconter. La majorité des enfants ont conscience des dangers évoqués. C’est un sujet qui les intéresse beaucoup. Tous ont des réactions différentes et notre rôle est de faire un peu le tri dans tout ce qui les intrigue ou les inquiète.
Y a-t-il des moments dans la journée ou des périodes dans l’année (vacances scolaires…) plus favorables aux accidents domestiques ?
Les statistiques mettent en évidence des pics marquant une augmentation des accidents : le week-end pendant l’heure qui précède les repas, et lors des mois de juin (un air de vacances rôde donc relâchement inconscient) et de septembre (rentrée active et souvent épuisante).
Propos recueillis par Solène Pouillot.