Comment expliquer l'écologie aux enfants ?

Comment expliquer l'écologie aux enfants ?

Par Florence de Monclin, Conseillère pédagogique à la Fondation Nicolas Hulot

Non, l’écologie n’est pas seulement une affaire de grands discours ! C’est également au jour le jour, dans les actions les plus ordinaires, que se dessine l’avenir de la planète. Et comme il n’y a pas d’âge pour adopter les bons réflexes écologiques, Florence de Monclin, responsable pédagogique à la Fondation Nicolas Hulot, nous donne quelques astuces pour sensibiliser les enfants aux enjeux environnementaux.


Quels comportements écologiques conseillez-vous d’adopter au quotidien ?

Il y en a beaucoup ! Même les réflexes les plus modestes sont importants, car les petits gestes font les grandes rivières. Nous en avions rassemblé une centaine, classés par lieux de vie, dans un Petit Livre Vert pour la Terre. S’il ne fallait en citer qu’un, je choisirai la question de la consommation.

Car en s’interrogeant sur ses achats – ce produit génère-t-il une grosse dépense d’énergie, est-il fabriqué au bout du monde, est-il recyclable ? – on exerce une forme de droit de vote. Si, aujourd’hui, nous n’achetions pas de produits contenant de l’huile de palme, les transformateurs seraient bien obligés de nous proposer une autre alternative ! De la même manière, je trouve qu’un café bio issu du commerce équitable a une saveur particulière.

 

Les enfants sont-ils réceptifs aux messages écolo ?

Oui, parce qu’ils ne sont pas marqués par de mauvaises habitudes. Ils sont plein d’entrain, de bonne volonté. Mais pour les sensibiliser, il faut éviter le champ de l’angoisse et privilégier les discours positifs, ludiques. Du côté des tout-petits (3-5 ans), je pense qu’il faut jouer la carte de l’émerveillement : à l’occasion d’une promenade en famille, il faut attirer leur attention sur un bourgeon prêt à exploser, un nuage en forme de dragon, un lapin qui détale, etc. L’idée, c’est de rentrer par le côté émotionnel. Pour les plus grands, on peut miser sur le jeu, le plaisir. Trier ses déchets, ça peut être rigolo ! Il suffit de prendre trois corbeilles différentes et d’attribuer des points quand les enfants réussissent à bien choisir. Quand l’activité n’est pas assimilée à une corvée, les réflexes rentrent peu à peu.

 

C’est également aux parents de montrer l’exemple…

L’enfant agit par comparaison et il a besoin de cohérence. Si son père ou sa mère prend trois bains par jour et qu’il exige que son enfant coupe l’eau du robinet quand il se lave les dents, c’est ridicule. Quand on dépose son enfant en voiture tous les matins à l’école, on ne l’encourage pas non plus à utiliser le pédibus… Et on va très vite imprimer un modèle de fonctionnement. Bien sûr, personne n’est exemplaire. Mais ce qu’il faut, c’est être dans une démarche de progrès et se poser la question suivante : y a-t-il une alternative ? Reprenons l’exemple de la voiture. On peut par exemple se procurer une carte du quartier et lister les adresses des familles intéressées par un système de covoiturage. Il est vrai que nous vivons à des rythmes d’enfer et que les mères de famille sont toujours pressées. Mettre en œuvre des solutions, cela risque de prendre un peu de temps. Mais ce n’est l’affaire que d’une seule fois.

 

Comment concilier philosophie écologique et société de consommation ?

Il est vrai que nous sommes conditionnés et incités à consommer toujours plus. Les enfants, en particulier, sont dans le mimétisme, ils veulent la même console, le même jeu que leurs petits copains. Et au final, chacun a des jouets identiques ! Je pense qu’on peut leur apprendre à prêter, à échanger, à faire circuler. Il faut inventer de nouveaux modèles basés sur la confiance, entrer dans une société où on est davantage dans le lien et moins dans le bien. C’est également valable pour les adultes. Personnellement, j’ai mis une petite affiche dans mon immeuble : j’y indique ce que j’aimerais emprunter et ce que je propose de prêter en échange. On a tous une perceuse chez soi qu’on utilise 5 minutes dans l’année ! Si on peut arriver à échanger plutôt qu’acheter ou louer, ce sera toujours ça de gagné.

 

Propos recueillis par Natacha Czerwinski.


Par Florence de Monclin, Conseillère pédagogique à la Fondation Nicolas Hulot


Poster votre commentaire

Tous les commentaires

    • Picatas (le 10/12/11 à 10H33)Bonjour, Je trouve que le sujet de la consommation "responsable", mais surtout "raisonnable", est primordial dans notre société que Jean Baudrillard qualifierait certainement maintenant de "société de Sur-consommation" (par rapport à son livre sur la Société de consommation écrit il y a presque 30 ans !). Aussi, je ne trouve pas pertinent le fait de mettre en valeur un objet de consommation dans cet article, qui plus est en plastique et électronique ! N'aurait-il pas été plus cohérent avec le discours de suggérer de faire une balade en forêt pour écouter le vrai chant des oiseaux plutôt qu'un objet artificiel. Apprendre l'écologie aux enfants c'est être au plus près de la nature et être en cohérence avec son discours. Mais ce détail est révélateur du fait que nous ne savons plus faire grand chose sans supports manufacturés. Réapprenons d'abord à utiliser nos deux pieds et nos 10 doigts plutôt que de mettre la main au porte-monnaie systématiquement. Cordialement, Véronique
    mot de passe oublié

    Un email avec votre mot de passe vient de vous être envoyé.

    Ok