Les jeux vidéo sont-ils dangereux ?

Les jeux vidéo sont-ils dangereux ?

Par Michael Stora, Psychologue et psychanalyste

jeux video accro

Télévision, ordinateur, jeux vidéo,… les écrans se multiplient dans la vie des petits ainsi que le temps que l’on y consacre. Alors, bien ou mal ? Michael Stora, psychologue et psychanalyste utilise les jeux vidéo dans son travail auprès d’adolescents et nous aide à débroussailler la question.


Dans votre ouvrage Les écrans ça rend accro, vous ne condamnez pas ces écrans qui envahissent la vie de nos enfants. Pourquoi ?

D’abord, il faut savoir que des recherches scientifiques parfaitement sérieuses apportent des résultats rassurants. En particulier outre-atlantique, Patricia Greenfield a mené les siennes pendant 15 ans et a montré que les jeux vidéo développaient des compétences cognitives : la spatialisation en 3D, le multitasking (accomplir plusieurs tâches en même temps) et l’intelligence déductive.

Au fond, le jeu vidéo bouleverse notre rapport au savoir. On n’est plus dans la position hypothético-déductive habituelle. Là, c’est en jouant que l’on apprend et c’est dur.

D’ailleurs, l’Observatoire Gulli a montré que des enfants ayant joué une heure à la console avait besoin de se reposer… éventuellement devant la télévision. L’exigence de concentration n’est plus du tout la même évidemment.

Et puis, le jeu vidéo n’est pas le lieu de décharge ni le punching-ball que l’on croit. En jouant on apprend à ne pas être dans le « Tout et tout de suite ». Le jeu vidéo est un lieu de persévérance.

Comment expliquer la défiance des parents vis à vis des jeux vidéo ?

Plusieurs raisons peuvent l’expliquer : d’abord, la plupart n’a pas connu ce jouet dans sa propre enfance. Il est alors impossible pour le parent de s’identifier et comprendre le plaisir que l’on y trouve.

J’irais même plus loin en évoquant une certaine jalousie parentale : nos filles jouent à « shooter des zombies », ce n’était pas envisageable quand leur mère était enfant. Bientôt même, devrait sortir un jeu où l’on pourra supprimer les Princes Charmants ! Nos enfants n’ont pas de problème avec ça. L’enfant a une nouvelle liberté que n’ont pas connue ses parents.
 

D’autre part, l’adulte sacralise son rapport aux images diffusées par la télévision. Or les jeux vidéo sont une contre-culture de la télévision et des images idéales dont rêvent les parents pour leurs enfants. Voyez les jeux de rôle à la Tolkien avec des personnages très symboliques. Le choix de l’avatar par l’enfant va être très révélateur. Pour l’adulte, c’est troublant.

 

Quels repères donner aux parents en conflit avec leurs enfants sur le sujet ?

Les jeux vidéo sont devenus un nouvel enjeu d’autorité. Or les conflits naissent des erreurs faites par méconnaissance. Ainsi, on sait prendre le temps de négocier l’heure du bain à la fin du dessin animé, l’heure du coucher à la fin de l’histoire ou de tel chapitre. Mais les parents exigent de l’enfant d’éteindre sa console immédiatement, au beau milieu d’une action. Or il lui faut terminer sa mission ou au moins sauvegarder sa partie. Sinon on prend le risque d’affronter sa colère, laquelle est justifiée comme si l’on vous arrachait votre livre au beau milieu de la lecture d’une phrase...

Il est important aussi de prendre le temps de communiquer sur le jeu : de quoi s’agit-il ? Est-ce difficile ? etc. Voire même lorsque c’est possible ou quand le jeu se fait sur l’écran de la télévision, s’asseoir à ses côtés et observer. Ça peut être, en prime, passionnant !

 

Auteur de : Les écrans, ça rend accro...

 

Propos recueillis par Solène Pouillot

Par Michael Stora, Psychologue et psychanalyste


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Tous les commentaires

  • Humanos (le 08/07/13 à 14H29)L'interview me parait réalisée très en diagonale et peut-être incomplète sur l'analyse de l'auteur. Cependant, ce qui est dit ne me donne pas envie de lire le livre, tellement l'analyse parait courte. L'approche de l'auteur apparait essentiellement cognitive et experte, car l'auteur se pose en expert. Mais il y a apparemment un manque de rappels aux basiques de la simple humanité sensible. Pour le volet cognitif, cependant, j'adhère. En effet, j'ai 4 garçons, et 3 sont passent ou sont passés par les jeux vidéos.Toujours vivants. Mais il a fallu réguler fort. Mes remarques en positif : - oui, les jeux facilitent l'apprentissage cognitif, les réflexes, l'attention - oui, ils sont stimulants , ludiques (et le père que je suis envie parfois la dextérité de mes enfants, sans la jalouser pourtant..) - oui, on ne peut y échapper et les jeux sont une première approche d'une autre forme d'éducation plus participative, intuitive... donc, ok, confiance pour demain En négatif : - on parle d'effets d'épilepsie quand sur- utilisation, pas un mot là dessus de l'auteur, qu'en est-il du rappel au principe de précaution ? (ne pas dépasser x minutes/jour...) - on parle d'effets de saturation électrique, qu'en dit l'auteur, son omission traduit-elle une méconnaissance du sujet ? - on peut s''interroger sur l'éthique et le fond des jeux (quels messages, quelles intentions, au delà du mercantile que l'on imagine.) quelle évaluation éthique et esthétique ? aujourd'hui, pas d'organes d'appréciation, de régulation sur la qualité de l'information transmise à nos enfants hormis les réactions isolées de parents inquiets. Nous ne parlons pas de morale. Evoquons une seule et fondatrice interrogation éthique de base. Quel contre-pouvoir ou comité d'éthique plus ou moins contraignant, quels indicateurs de bonne conduite, à l'égard de ces producteurs de jeux vidéos ? Il y a à inventer ! Si partenaires sur la ligne, créons une agence de notation ! Nos constats de parents : - nos fils sont équilibrés, mais inaccessibles, hypernerveux, agressifs, dès qu'ils dépassent un certain temps d'usage, qu'ils sortent de leur jeu après un temps trop long ou qu'il s'agisse de leur réduire le temps de visiionnage. Ce constat est partagé par des milliers , des millions de parents. Que fait l'auteur de ces arguments si souvent entendus ? Fait-il ainsi Fi ! de la parole publique, avec le risque de réduction à une seule analyse très mentale, au risque d'être.. incomplète ? - nous sentons l'effet sur le système nerveux des enfants..n''en disons pas plus. Il serait temps d'accorder une écoute aux paroles inspirées du sensible et de l'intuition. Le bon sens commence souvent par cette écoute basique et vivante. Lorsque mon dentiste m'assène que je ne saurais avoir mal, lorsque je lui affirme que j'ai mal, il y a un bémol sur la ligne.Le scientifique aurait-il raison à coup sûr, dès lors qu'il détient l'autorité ? Tel homme politique peut nous paraitre extrémement riche au niveau cognitif. Mais nous pouvons dans le même temps avoir la sensation et l'intuition que cet homme n'est pas humainement valable, et la conviction intime qu'il est malsain pour la santé de notre pays. Notre ressenti va influer sur notre vote. Mais ce n'est pas un vote scientifique ! Il serait bon, au dela de la sacro sainte intelligence du monde civilisé, il serait intéressant de prendre en compte notre simple humanité (sensibilité, intuition, bon sens du vivant..) . et de trouver des alliances et compréhensions plus larges, donc plus justes. Le véritable homme civilisé de demain est appelé à revenir à son humanité première, à sa sensibilité, à son intuition. La tendance est émergente, faisons confiance à la montée du discernement pour une célébration renouvelée du bon sens. Bien cordialement à tous Un père vigilant, intéressé par la modernité, qui constate à la fois les bénéfices et les dangers des jeux vidéos, des portables, des fours à micro ondes, des diodes à rayon ultra machins.. des ogm, et de tout ce qu'on veut nous faire utiliser avec tant de science et si peu de conscience. Dommage que sur ce forum - sauf erreur - on ne puisse contacter les auteurs de commentaires...
  • Humanos (le 08/07/13 à 14H17)Commentez cet article en déposant un message
  • PolinaChocolat (le 07/06/13 à 19H26)Ancienne joueuse accro je réponds, par expérience, aux parents qui se posent de multiples questions par rapport à leurs enfants. Le jeu en lui même n'est pas dangereux. Comme l'alcool ou autre, c'est la raison pour laquelle on joue qui est dangereuse plus particulièrement. Ensuite vient la dimension communautaire (mmo : jeux massivement multi joueurs) qui amènent les joueurs à jouer en ligne avec d'autres joueurs avec qui ils font équipe, ou à qui ils font face. En réalité, l'effet de groupe "facile" incite fortement à banaliser certaines situations. C'est plus facile de se faire des amis via internet, bien sûr et d'échanger derrière un écran par lequel nous sommes cachés. Les jeux rentrent actuellement dans une catégorie e-sport reconnue nationalement et internationalement maintenant. Comme les pros aux échecs, poker, et autres jeux, le jeu vidéo a maintenant sa place. Tant que votre enfant, ado plus particulièrement, ne s'enferme pas psychologiquement dans le jeu, au point d'avoir un langage que vous ne comprenez plus, au point de s'identifier complètement à son ou ses personnages, tant qu'il va toujours à l'école, a des notes stables (pas de changement majeur) n'a pas des horaires complètement décalés, tant qu'il ne présente pas des signes de dépression, tout va bien. Le jeu est un loisir à part entière, il doit être pratiqué selon une organisation de la journée ou de la semaine, mais en abuser effectivement peut être dangereux et je l'atteste. Plus jeune, je n'ai jamais abusé ado des jeux vidéos, je jouais par ci par là 15 minutes dans le mois pas plus. J'avais un emploi du temps chargé entre les cours, le conservatoire, je faisais partie des meilleures. Et puis adulte, des épisodes noirs ont fait que je me suis enfermée dans le jeu vidéo pour échapper à une réalité qui m'effrayait, qui m'aurait peut être tuée. Là j'ai commencé à jouer 1h puis 2 puis 3 jusqu'à passer 16 à 18h devant l'écran de pc (qui est pour moi le support de jeux, le plus dangereux vs une console à cause justement des aspects communautaires). Je n'avais plus un rythme de vie stable, je ne dormais plus, je faisais des siestes de 2 à 3h, j'ai pris du poids, je ne savais plus quel jour on était, ni même aucune notion de l'heure ... enfin un enfer. J'avais peur de sortir, je vivais constamment dans le noir, j'avais l'impression d'être un extra terrestre le peu que je sorte pour aller promener mon chien (merci à lui de m'avoir obligée à sortir pour lui). Un jour je me suis ressaisie, j'ai remis à plat mes rêves, j'ai déménagé, au bord de la mer, et me suis réinvestie dans un projet de création d'entreprise et je fais du sport à fond. Voilà, à vous parents, de ne pas interdire les jeux à vos enfants, mais de les aider à s'aménager du temps pour faire ce qu'ils aiment et s'épanouir. Ce n'est pas en interdisant quelquechose à vos enfants que vous allez forcément leur apprendre la vie, ils doivent essayer et faire leurs propres erreurs.. Ils les feront de toute façon... A vous parents, d'inculquer à vos enfants, que la vie est truffée de pièges comme l'alcool, la cigarette la drogue les jeux... et qu'on a droit de faire des erreurs, qu'on a droit de souffrir parce que la vie n'est pas facile et que le bonheur n'est pas gratuit il faut se battre pour le vivre. Voilà j'espère que ce post vous aura ouvert les yeux.. Parole d'ancienne geek, ça n'arrive pas qu'aux autres ! Je suis quelqu'un de très bien, et je suis vraie. Be the master of your life, le bonheur existe que lorsqu'il est partagé.
  • sorbetcitron (le 05/05/11 à 13H54)bonjour, j'ai 45 ans et ma fille en a 10.. ma fille à une DS (soutirée à sa grand mère pour son 9ème anniversaire). Je lui ai "appris" a l'utiliser avec parcimonie... 1h environ par semaine!!!. Quand nous sommes à la maison et que je lui propose soit qu'elle joue à la ds soit que nous jouions à un jeu de société... elle propose le jeu de société...il faut dire que notre temps libre est passé à courir les expo, les ciné, les musées... et elle en redemande!!! alors parents... faites des efforts et proposés des alternatives culturelles à tous ces jeux vidéos qui ne remplacerons jamais votre présence!! bises à tous
  • neza19 (le 12/02/11 à 20H58)maman d'un garçon de 5 ans qui pratique bien le pc( pour des vidéos ou dvd car il ne regarde pas la tv) mais encore trop le jeu, je me demande si le jeu permet d'extérioriser les pulsions ou si au contraire, il en crée? avec toujours le doute sur la capacité de différence entre le réel et le virtuel?... qu'en pensez-vous?
  • COLORE (le 11/02/11 à 10H07) Après un jeu video, il faut un temps de repos et pourquoi pas par le biais d'un temps de TV c'est bien là le problème! La difficulté à concilier les temps d'école, les repas,devoirs, activité physique,communication familiale, petites services qui font parti de la vie commune, autres activités (ex. Piano -Catéchisme- etc). Si danger dans le jeux video il y a , c'est surtout relativement au fait qu'on n'est plus maitres de son temps, quant on y est dedans! C'est ainsi, d'ailleurs, pour toute activité sur ordinateur! Donc la question est:"comment s'organiser pour structurer ces temps tout en évitant frustrations et conflits? Mon rêve est d'instituer un créneau familial où tout le monde pourrait s'y adonner. Après la lecture de l'article je ne peux pas éviter cette réflexion : si les jeux vidéo sont utiles au développement et à la connaissance (j'en suis tout a fait convaincue) encore une fois l'Education Nationale est très très en retard je n'ai jamais su que les cours d'informatiques ait abordé ce sujet.(désolée pour mon français ce n'est pas ma langue maternelle- Je sais qu'est-ce que je ferai pendant mon créneau jeu video - il existe surement un jeu qui permettra de buster mon français :)
  • carousel27 (le 10/02/11 à 20H49)Bonsoir, Maman de 3 enfants, je trouve que le sujet est trop succint. En effet on ne peut pas mettre Adibou et GTA dans le même sac.D'abord il est clair que c'est comme toujours à nous parents d'encadrer nos enfants. Mes enfants jouent sur le PC ou sur la DS mais uniquement à des jeux que J'AI choisi ou autorisé. Pas de prêts de copain. J'ai la même démarche que pour les livres, que pour les jouets en général. La télévision, les jeux vidéo sont de notre résponsabilité, les temps que nos enfants les utilisent doivent être définis par nous. C'est trop facile de laisser ses enfants regarder n'importe quoi à la télé et se plaindre des la violence des certains dessin animé, comme permettre à ses enfants de jouer avec des jeux vidéo qui ne sont pas de leur âge (ps3 + 12ans)!!! et venir dire que ça rend les enfants agréssifs,... c'est un peu facile et cela évite surtout d'assumer ses responsabilités. Une PS est sensée convenir à des enfants de + 12 ans, donc forcément les jeux ne sont pas adaptés !!!on ne laisse pas ses enfants jouer à n'importe quoi sans limite. Je trouve qu'il y a des jeux pour tout les âges et toutes les passions il suffit de prendre la peine d'en discuter avec ses enfants. un jeux vidéo est aussi divertissant pour les enfants que pour les adultes mais c'est à nous de jouer à leur jeux et pas le contraire. Le danger du jeux vidéo est le même que la télévision, qu'internet : laisser faire ses enfants sans les limiter.
  • prophete84 (le 09/02/11 à 20H51)je suis d'accord avec toi blackrasun mais pourquoi reproche t-on à un jeu de ne pas faire cogiter l'enfant,il y a les jeux de réflexion bien sur, je ne parles pas de ces petits jeux flash pour enfants à la adibou mais bien de vrais jeux vendus en boite comme portal qui a été récompensé par de nombreux prix à travers le monde avec un univers trés adulte mais ca reste un jeu c'est du divertissement le plaisir doit prendre une place importante et ne soyez pas surpris si l'enfant trouve ca jouissif de faire des actions immoraux dans un jeu,l'espéce humaine a des pulsions a évacuée...quand je vois les chaines télé qui parle de jeux c'est souvent pour parler d'addiction et de dépendance alors qu'il ferait mieux de balayer devant leurs portes surtout TF1 qui enrhume du crétin toute la journée
  • blackrasun (le 09/02/11 à 20H13)Enfin une analyse correcte qui ne limite pas jeux vidéos à jeux violents. Même s'il est vrai que la question de la limite temporelle n'est pas posée, je trouve que cette étude a le mérite d'apporter de nouveaux points de vue, dont celui de "l'apprentissage" par le jeu vidéo. Cependant, je n'arrive pas à comprendre comment il peut être possible de dénigrer cette critique en citant GTA. Non seulement ici il est question de jeux où un minimum de réflexion est nécessaire, mais de plus nous parlons d'enfants... GTA étant, comme beaucoup de jeux dont notamment le critiqué Call Of Duty Modern Warfare 2, des jeux interdits aux MINEURS, donc aux moins de 18 ans. Alors il est vrai que ce système n'est pas très explicite, cependant je trouve cela trop facile de rejeter la faute sur celui-ci. Personne ne se plaint jamais de l'interdiction -18 affiché sur certains films, de la même manière c'est aux parents et seulement aux parents de vérifier et de s'informer sur les sigles que l'on trouve sur les boîtes de jeux vidéos. Alors tout les problèmes qui sont "liés", et encore cela reste à prouver, aux jeux vidéos violents, je suis désolé mais le fautif n'est pas le jeu vidéo, mais les parents qui permettent à l'enfant d'y accéder.
  • prophete84 (le 09/02/11 à 20H08)le cas de GTA est un parfait exemple des préjugés que peuvent avoir les gens,oui le jeu est violent d'alleurs je suis d'accord qu'il faudrait interdir certains jeux aux mineurs mais les commercants s'en moquent un peu et cela ferait perdre une grosse partie des bénéfices aux éditeurs mais le probléme avec ce jeu et avec bcp d'autres c'est que les gens ne retiennent seuleument que le négatif comme écraser les piétons ou flirter avec les prostituées mais ils oublient que c'est optionnel ce sont des libertés d'actions en dehors de l'aspect scénaristique, il y a une histoire,des personnages charismatique,des dialogues,en plus le jeu se termine par une morale qui contredit tout le reste en montrant que la violence n'est pas la meilleure issue,est-ce qu'on reproche la violence à un film d'action???non,alors pourquoi avec les jeux on devrait??? sinon je suis bien d'accord c'est aux parents de surveiller leurs enfants et de faire attention à ce qu'ils font...
  • Minoï (le 09/02/11 à 19H48)Prophète84. Je ne cherche pas à diaboliser les jeux vidéos. J'y joue moi-même et permets à ma fille d'y jouer un peu avec moi. Mais la question est : "les jeux vidéos sont-ils dangereux ?". Or, s'il n'y pas un cadre, ils le sont. Concernant les bagarres : la différence entre deux enfants qui se battent, en sachant ce qu'ils font - et les risques qu'ils encourent - et ceux qui jouent à des jeux particulièrement violents en étant persuadés qu'il n'y a aucun risque est importante (et vous pourrez me répondre, à juste titre, qu'il en est de même pour les jeunes enfants qui regardent le catch à la télé, persuadés que les coups sont réellement portés). Au passage, je ne considère pas que tous les jeux sont violents - j'ai cité "Grand Theft Auto" car, au-delà de la qualité en tant que jeu, il y a une idéologie fort douteuse, qui peut avoir une influence néfaste (et l'interdiction aux moins de 16 ans, c'est de la franche rigolade). Quoiqu'il en soit, je pense que vous prenez le cas général pour unique : il faut à un moment arrêter de penser que tous les parents sont attentifs à leurs enfants et se soucient de leur poser un cadre. Et c'est bien vis-à-vis de ces enfants partiellement (ou totalement) livrés à eux-mêmes que les jeux vidéos représentent un vrai danger, bien plus encore que la télé, car face à un jeu vidéo, on n'est pas passif. (Et quoiqu'il en soit, je suis bien d'accord avec vous concernant le crétinisme de certains programmes devant lesquels on laisse certains enfants sans sourciller ;) ).
  • prophete84 (le 09/02/11 à 19H17)je tiens à répondre à minoi je joues aux jeux depuis l'age de 8 ans j'en ait 26, les consoles ca existe depuis plus 10 ans au passage,ca ne m'empeche pas d'avoir une vie et cette facon de diaboliser le jeu video me fait doucement,les enfants qui se bagarrent à l'école??? à moins d'avoir vécu dans un monde de bisounounours toute sa vie je crois que ca existait bien avant...les enfants qui confondent les jeux et la réalité???il faudrait déjà qu'ils aient de sérieux problémes à la base...et il faut savoir puisque certains sont encore dans les préjugés que tous les jeux ne sont pas à base de pan-pan,beaucoup demande de la réflexion,ont des histoires,des univers,des musiques digne de grands films,d'ailleurs certains réalisateurs puisent meme dans les jeux leurs inspirations par contre ca ne gene pas certains que leurs enfants regardent des émissions décérébrées toute la journée,je ne citerai pas TF1 la chaine hautement culturelle lol voilà c'était mon petit coup de gueule marre de ces idées recues qui heureusement commence à disparaitre
  • Minoï (le 09/02/11 à 17H29)C'est un peu simpliste, comme analyse... Monsieur Stora semble se baser sur la situation idéale dans laquelle un enfant joue un peu, sans que cela empiète dramatiquement sur d'autres activités. Mais qu'en est-il des enfants qui passent quotidiennement des heures sur leurs consoles ? Au-delà, il y a de quoi être perplexe quand Monsieur Stora affirme que les jeux vidéos développent des capacités cognitives et intellectuelles, alors même que des études affirment que le niveau a terriblement baissé depuis 10 ans, c'est-à-dire depuis que les consoles ont envahi les chambres d'enfant. Si, en effet, les jeux vidéos ne sont pas dénués d'intérêt dans le développement de l'enfant, il s'agirait, me semble-t-il, d'en fixer la limite. A quel moment l'enfant cesse de distinguer le jeu de la réalité ? Monsieur Stora devrait sans doute se balader dans des cours d'école : il y verrait des enfants qui "jouent" à la bagarre avec une violence parfois troublante, s'imaginant qu'il n'y a aucun risque, puisque c'est comme dans tel jeu vidéo. Se pose alors la question de quels jeux. Est-ce qu'un jeu comme "Grand Theft Auto", qui fait l'apologie d'une délinquance barbare, peut vraiment avoir des effets positifs sur le développement de l'enfant, quelque soient les stratégies que l'enfant soit amené à construire pour parvenir à son but ? Enfin, Monsieur Stora ne semble pas inquiet lorsqu'il affirme qu'après une heure de jeu, l'enfant a besoin de "se reposer". C'est exact : les jeux vidéos bouffent toute la concentration des enfants (et même des adultes : certains sont tellement absorbés par les jeux vidéos qu'ils ne construisent pas leur vie, parfois oublieux de s'occuper un brin de leurs enfants). Le résultat, on le voit en classe, par exemple, où certains enfants, qui avouent passer plusieurs heures sur leurs consoles, sont incapables d'observer, d'écouter et de réfléchir cinq petites minutes. Monsieur Stora minimise les risques inhérents aux jeux en se contentant de répondre à l'inquiétude concernant le développement psychologique. Il occulte (sciemment ?) l'aspect social de la question. Il occulte aussi l'intérêt d'autres jeux, par exemple les jeux de société avec lesquels les enfants apprennent également énormément d'un point de vue cognitif ou les playmobil et les poupées, jeux à travers lesquels les enfants intègrent bien plus d'éléments de leurs personnalités que dans le choix d'un avatar.
  • tintin34 (le 09/02/11 à 15H35)Ma fille a 5 ans. Je lui montre de temps à autre le site des poisson rouge. Je crois qu'elle y apprend la manipulation et une logique différente entre écran et sa volonté. Mais pour autant, je m'interroge sur l'évolution a y donner .. est-ce bien ou non de l'orienter (déjà) sur des petits jeux video ? sur une console qui est en utilisation plus libre que l'ordinateur ? ...
  • Hellen (le 09/02/11 à 10H41)Votre enquête est plutôt rassurante cependant je m'inquiète quand je vois mon fils de 6 ans et demi dans des situations de stress pendant son jeu ainsi que le côté paralysant de cette activité , j'ai tendance à y voir une certaine forme d'addiction(même si le mot est un peu fort) Je suis d'accord avec vous quand vous pointez la méconnaissance parentale de ces jeux et la nécessité de faire l'effort de jouer avec eux pour mieux contenir l'activité. Helen
  • nattygan (le 09/02/11 à 10H34)Bonjour, Mon fils (10 ans) a une DS et une PS 2; je le laisse jouer par tranche d'environ 1 heure maxi par journée sans école. Parfois un peu plus j' avoue mais je ne veux pas que ça prenne le rôle (si tentant parfois) de baby-sitter..... Et il n'a le droit d'y jouer que lorsque les devoirs sont faits. Sinon, lui qui a déjà des problèmes de concentration, après avoir joué sur quelque console que ce soit, n' est plus en mesure de porter son attention sur un apprentissage. Il est vrai que je ne suis pas de la génération "consoles et manettes" en tout genre, et que je préfère largement lire... J' essaie de lui faire partager mon amour des livres et de partager aussi ses jeux. Un truc pour les "inaptes" comme moi aux manettes en tous genre :les "buzz", simplissimes, super ludiques, crises de fou-rires garanties, et on peut jouer à 4. Quand les copains sont là, ça évite certains conflits. Je pense que le tout est possible avec un minimum de règles que, enfants comme parents, se doivent de respecter. La punition suprême, en tout cas pour mon schtroumpf, c'est privé de DS, PS2 et TV. Mais il n'est pas question que moi, dans ce cas je la regarde; un minimum de cohérence quand même!!! Et quand je planque la DS sans plus savoir où je l'ai mise (il y a peu, j'ai mis 2 mois avant de la retrouver!!) il n' a pas été en "manque", en colère au début, et puis il s'est rabattu sur ses légos et autres jeux sans être traumatisé.... ouf!!! Amitiés à toutes et tous
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