Vous n'aimez pas jouer ? Découvrez tout le plaisir du jeu !

Vous n'aimez pas jouer ? Découvrez tout le plaisir du jeu !

Par Noémie Birien, Ludothécaire à la ludothèque Odyssud de Blagnac

jouer ensemble

Les enfants viennent souvent à la ludothèque accompagnés de leurs parents. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils jouent tous ensemble ! Noémie Birien, ludothécaire à la ludothèque Odyssud de Blagnac, en a fait le constat : les parents ne jouent pas et n’aiment pas toujours ça !  Comment leur donner le goût du jeu ?


Constat : les parents ne jouent pas !

Les ludothèques sont des lieux de rencontres, d’échanges… mais pas des lieux de garde. Certains parents ne perçoivent pas très bien cette limite et la franchisse. Récemment, nous avons eu l’exemple d’un groupe de mamans qui se retrouvaient à la ludothèque pour discuter. Tellement absorbées par leur conversation, elles ne se rendaient pas compte que leurs enfants ne respectaient pas les règles de vie de la ludothèque. Pour éviter ces situations, nous essayons de responsabiliser les parents en les intégrant dans le jeu avec leurs enfants. Seulement, les parents ne sont toujours ouverts à cette proposition et nous répondent souvent : « je n’aime pas jouer », « jouer, c’est pour les enfants… ». Comment alors parvenir à les faire entrer dans le jeu ?

Faire jouer les parents entre eux

Une des solutions pour que parents et enfants jouent ensemble, c’est déjà de leur faire prendre conscience que le jeu n’est pas uniquement destiné aux enfants : il permet aussi de partager un moment de plaisir entre adultes. Il faut donc les réconcilier avec le jeu. Notre stratégie est de les faire entrer dans le jeu par étape, pour qu’ils soient à leur tour « pris au jeu » ! C’est à ce moment là que nous, ludothécaires, intervenons. Nous commençons à jouer entre nous à un jeu de questions-réponses et demandons aux personnes présentes dans la ludothèque de répondre à une question… Petit à petit, les parents se lancent. Ils répondent à une, puis deux questions…

 

Encouragés par leurs réussites, ils se prennent entièrement au jeu ! Une fois cette étape dépassée, nous leur proposons un jeu auquel ils peuvent jouer entre eux. Celui-ci doit alors répondre à certains critères : ne pas comporter de connotation petite enfance et avoir des règles courtes et faciles à retenir. S’ils ont pris plaisir à jouer, ces parents voudront partager ces émotions avec leurs enfants. Ils ne vivront plus cet instant comme une contrainte.

 

Faire jouer les parents avec leurs enfants

Il y a plusieurs façons de jouer ensemble. Soit l’un contre l’autre, l’un avec l’autre (même joueur), ou en coopération. Pour trouver un intérêt à jouer, l’adulte et l’enfant doivent avoir chacun leur place dans le jeu. L’enfant ne doit pas toujours gagner, ni être mis systématiquement en échec. Mais il ne faut pas pour autant faire semblant de perdre ! C’est en comprenant pourquoi il a perdu que l’enfant pourra gagner la prochaine fois.

Jouer avec son enfant, c’est l’occasion de partager un bon moment ensemble et de découvrir d’un autre œil son petit. Mais c’est aussi le faire grandir en lui donnant des outils à travers le jeu, et bien sûr, prendre du plaisir !

Même si on ne se sent pas d’humeur joueuse, c’est en se laissant prendre au jeu qu’on s’amuse ! Au final, on se rend compte qu’on aime tous jouer, mais peut-être pas à tous les jeux ! Faites le bon choix et bons jeux !


Par Noémie Birien, Ludothécaire à la ludothèque Odyssud de Blagnac


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    • NellyPLeHavre1 (le 03/11/11 à 20H15)Un public ne fait pas l'autre... Ma ludothèque, l'Ecole à Jouer au Havre, a toujours été tournée vers les adultes. Si les enfants sont naturellement joueurs, les adultes ont à se réapproprier le jeu. Face à quelqu'un qui n'aime pas jouer, je tente de comprendre ce qui a pu bloquer cet accès au plaisir du jeu. Plusieurs arguments sont avancés, souvent en relation avec des souvenirs d'enfance. Des parties interminables; je propose des jeux qui durent moins de dix minutes et il y en a un vrai choix. Des partenaires qui se fachent: j'induis moi-même un jeu entre enfants et adultes et fais vérifier que tout le monde y prend plaisir; ou bien encore un jeu coopératif. Des partenaires qui veulent gagner à tout prix et qui se fâchent quand ce n'est pas le cas, ce qui touche l'estime de soi. Cela ne se traite pas par le jeu, mais en valorisant un choix ultérieur, une attitude généreuse, tout épisode qui vaut un compliment,une remarque humoristique sur ses propres pertes ou... la capacité à déclencher une colère -qui doit sûrement être liée à autre chose- en tapant sur un punching ball. Autre argument -justifié- des parents: on ne comprend rien aux règles. Souvent, il s'agit de traductions de régles étrangères faites par des gens qui n'ont pas joué, et, pour ma part, il m'est arrivé de mettre deux jours à en déchiffrer. Rien de tel que de jouer ensemble, chose que j'exige aussi des commerçants spécialisés et qui doivent "connaître leur matos" Je consulte aussi WWW.trictrac.net, la "bible" de tout joueur pour avoir une présentation du jeu et un éventail de réactions des joueurs. Nombre de personnes pensent qu'on perd son temps en jouant. Formatrice et ex-enseignante, j'utilise le jeu comme outil professionnel depuis toujours (formation initiale et continue)et je mets au point une formation spécifique pour chefs de service. Le jeu n'a rien d'"occupationnel", de futile. C'est, au contraire une occasion (une parenthèse aussi pendant laquelle on se permet d'être différent), de construire des schémas de réflexion différents, qui mettent en vie le maximum d'aptitudes intellectuelles. (Nombreuses études sur le développement du cerveau en témoignent, et à tout age) Vous avez évoqué "le lynx" dans cette page, excellent jeu au demeurant,dont je possède 4 versions que la majorité des personnes évalue comme "jeu de mémoire" alors qu'il sollicite d'abord l'observation. Mais qui a remarqué qu'en jouant pour le plaisir, on sollicite aussi des compétences utiles pour les maths ou la lecture avec ce jeu? Je propose des fiches "pédagogiques" qui soulignent ces apports SEULEMENT si on a pris plaisir à jouer et je ne les offre qu'au retour du jeu. Toutes les écoles de ma région déplorent une diminution de l'expression orale (vocabulaire notamment) qui serait due à notre consommation excessive de relation par écran interposé: quand on joue, on se regarde, on se parle, et on découvre souvent chez ses partenaires de jeu des sujets d'émerveillement. "J'aurais jamais cru qu'il (elle) était capable de..." est sans aucun doute la phrase que j'ai le plus entendue, y compris dans des milieux où on n'attend pas forcément de progrès tels les adultes vieillissant en psychiatrie, mais aussi chez tous les joueurs quelque soit leur age. Osez retrouver vos yeux et votre enthousiasme d'enfant, vous ne serez pas déçus. Au contraire, vous découvrirez des coins d'enfance qui, non seulement vous mettront des étoiles dans les yeux, mais révèlerez des aptitudes créatives ou relationnelles qui transformeront votre vie. "Le jeu est la forme la plus élaborée de l'investigation" a dit Einstein et sachez aussi "qu'on apprend plus d'un homme en une heure de jeu qu'en une année de conversation" Je vous souhaite de retrouver beaucoup de plaisir à jouer; en plus, vous avez de la chance, il n'y a jamais eu autant de références pour adultes, auxquelles les enfants accèdent d'ailleurs de plus en plus jeunes!

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