Les pères en question
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Les pères en question

Par Catherine Sellenet, Sociologue et psychologue

On parle souvent des « nouveaux papas », existent-ils seulement ? Quelle est aujourd'hui la place des pères dans la société, alors même qu'ils inventent une nouvelle façon de « paterner » ? Réponses de Catherine Sellenet, sociologue et psychologue,auteur de Les pères vont bien.

 

Qui sont les « nouveaux papas » dont il est question un peu partout ?

Le terme « les nouveaux papas » désigne ces papas affectifs qui assument leur paternité. Il n'est pas si nouveau que cela puisque ce phénomène débute dans les années 1980. La société s’en moque d’ailleurs en les appelant les “papas-poules”. Les psychologues formulaient alors des interrogations folles sur les problèmes d'identité sexuelle et de démasculinisation que cela pourrait engendrer chez les enfants de ces pères plus présents que les autres.

Peut-on dresser un portrait robot des pères de 2011 ?

Ce ne serait pas sérieux. Il y a des pères et non un modèle de père universel. Selon l’INSEE, en moyenne nationale, le temps parental correspond à 39 heures par semaine dont 2/3 pour la mère, 1/3 pour les pères. Cela signifie que nationalement l’engagement dans le partage des tâches domestiques et parentales n’est pas si conséquent que cela. Par contre, cette moyenne nationale peut cacher des disparités importantes au niveau individuel. Ce n’est pas quantitativement que la métamorphose est spectaculaire mais plus globalement dans l’apparition revendiquée par les hommes du “père affectif” alors que le “père fouettard”, le père chargé exclusivement de l’autorité, recule.

Quelle est aujourd'hui la place des pères dans la société ?

Nous pouvons sciemment nous interroger sur la difficulté d’être père dans une société qui pense encore l’éducation des enfants en s’adressant de façon privilégiée aux mères, et nous interroger sur la place faite aux pères dans les institutions et lors des séparations, pour que les liens père-enfant ne soient pas mis à mal. Comment rester père quand on est loin de ses enfants et faire en sorte que les nouveaux compagnons ne substituent pas aux pères ? On se rend compte que les classes aisées ont plus de réponses à cette question, notamment avec la garde partagée.

 

Depuis Jean-Jacques Rousseau, les mères disposent de pléthore de manuels du savoir materner. Or, il n'existe quasiment rien pour les pères. Les pages sur le rôle du père ne sont apparues que très récemment dans le livre de Laurence Pernoud par exemple.  Quand un père s'occupe de son enfant, il n'est pas une mère bis, il paterne. Les pères d'aujourd'hui doivent inventer un nouveau modèle et prendre une nouvelle place.

 

Cette implication des pères dans l'éducation fait-elle évoluer tout le schéma familial ?

On peut supposer que les mères se satisfont d’être davantage aidées dans le partage de l’éducation des enfants. Les rôles bougent dans une société où les femmes travaillent autant que les hommes et de nombreux pères n’attendent plus d’être autorisés par leur femme pour prendre place auprès de leur enfant. Mais nous sommes encore loin du phénomène de la double journée pour les pères !

 

Propos recueillis par Isabelle Cantarero.

Par Catherine Sellenet, Sociologue et psychologue


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Tous les commentaires

    • Jelogisa (le 11/01/12 à 15H35)Je crois effectivement qu'il y a des disparités importantes au niveau individuel et que les temps de maternage et de paternage sont très variables d'une cellule familiale à l'autre, et dans des proportions également très variables. Je ne crois pas, par contre, qu'il y ait tellement besoin de construire un "paternage" spécifique: les besoins de l'enfant vis à vis du parentage sont similaires quelque soit le genre du parent. Il s'agit toujours d'ouvrir l'enfant au monde, de l'aider à se découvrir et à découvrir l'univers; de lui fournir des occasions de se développer; de le stimuler; de lui donner la stabilité l'environnement affectif et les soins qui lui permettront de s'épanouir; de veiller à ce qu'il ait les occasions de jeu et la vie sociale dont il a besoin (à travers des rencontres et du jeu avec d'autres enfants et toutes sortes d'autres personnes de la famille ou pas). Bref, c'est des besoins de l'enfant dont il s'agit et non pas des besoins de l'adulte. À mon avis, c'est l'enfant qui impose le rythme, ici.
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