A l'école, il est difficile d'échapper aux produits à licences. Vêtements, chaussures, fournitures scolaires sont souvent des supports publicitaires ambulants arborés par nos bambins. Cette abondance de marques a même par moment tellement interpellé, que s'est posée la question du retour à l'uniforme! Qu'en est-il exactement actuellement dans les écoles ?
Des licences sur les vêtements…
Les vêtements à l'image des héros se retrouvent la plupart du temps jusque vers l'âge de 8 ans. Ensuite, les enfants quittent ces vêtements pour un autre type de marques. Ils vont alors se diriger vers des marques partagées avec les adultes. Les marques de sport se taillent la part du lion à travers les baskets, t-shirts, joggings... Les filles se démarquent en portant des vêtements griffés par de grandes enseignes. Quand on interroge les élèves sur les raisons de leur envie, ils expliquent que c'est pour '' être à la mode, pour faire style '' (prononcé à l'anglaise).
C'est à ce moment-là que l'envie peut naître chez ceux qui n'ont pas les moyens de s'offrir des vêtements plus chers. Un enfant qui ne peut s'offrir les chaussures de marque peut se sentir exclu. Même si cela n'est heureusement pas généralisable, les marques peuvent être un signe d'appartenance à un certain groupe et tant pis pour ceux qui ne peuvent se les acheter.
'' Quand les autres ont des marques et nous non, on a honte. Par contre, on n'aime pas avoir exactement les mêmes vêtements de marque que les autres, ça aussi ça donne la honte. '' Si jeunes et déjà confrontés aux questions existentielles des férus de mode !
…les fournitures scolaires…
Les marques, non contentes d'habiller les élèves, ont aussi investi le domaine des fournitures scolaires. Ainsi, à la rentrée, les linéaires des magasins regorgent de fournitures toutes plus griffées les unes que les autres. Rien n'est épargné : le cartable avec l'image de personnages Disney, les trousses et stylos bariolés de super héros; les classeurs investis par des marques de vêtements...
Cet afflux de couleurs et d'images permet d'égayer l'univers des élèves qui peut parfois être un peu monotone : cahiers rouges pour les leçons, verts pour les mathématiques...
Avec l'expérience, je me suis aperçue que les petites fournitures (gommes, stylos, taille-crayons...) représentant des marques, sont de moins bonne qualité que le matériel standard. Les crayons et règles se cassent plus facilement, les gommes laissent des traces... L'effort de conception est certainement mis sur la représentation de la licence aux dépens de la qualité de fabrication. Et c'est bien dommage, car ces fournitures sont souvent plus chères à l'achat. Il est donc évident que dans ce cas, on ne paie que la marque !
…et les supports pédagogiques !
Les marques ont aussi trouvé une autre voie pour se glisser dans les écoles et toucher les élèves. De plus en plus créent des supports pédagogiques à destination des enseignants. Ce peut être une marque de dentifrice qui propose des documents afin de sensibiliser à l'hygiène bucco-dentaire ou une marque de céréales qui explique les bienfaits d'une alimentation équilibrée... Souvent, ces documents sont soignés et accompagnés de grandes affiches en couleur, avec la marque visible par tous. Difficile de refuser, en tant qu'enseignant, l'utilisation de tels outils de travail. On se retrouve ainsi, malgré nous, diffuseurs de produits au sein de la classe.
Il est quasiment impossible, dans notre société de consommation, d'échapper aux marques. A nous, les adultes, d'éduquer les enfants afin d'en faire des consommateurs avertis et d'éviter qu'ils ne succombent trop facilement aux sirènes de la publicité.