Quelle place pour les licences à l'école ?

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Quelle place pour les licences à l'école ?

Par Magalie Courribet, Professeur des écoles

marques à l

A l'école, il est difficile d'échapper aux produits à licences. Vêtements, chaussures, fournitures scolaires sont souvent des supports publicitaires ambulants arborés par nos bambins. Cette abondance de marques a même par moment tellement interpellé, que s'est posée la question du retour à l'uniforme! Qu'en est-il exactement actuellement dans les écoles ?


Dès l’école maternelle

S'il est un support privilégié pour les marques, ce sont bien les vêtements. Ce phénomène répandu dans la rue se retrouve dans les cours d'école. Et bien souvent dès l'école maternelle. Un clivage se crée dès lors entre les filles et les garçons: les fillettes préférant retrouver sur leur T-shirt l'image de leur chanteuse préférée. Quant aux garçons, les baskets ou les pulls sont réservés aux héros de BD tels que Spider Man.

Ces achats effectués par les parents expriment les desiderata des enfants. A un âge où l'on cherche à se construire en tant qu'individu, le vêtement à l'effigie d'un personnage permet d'affirmer ses goûts et d'exposer son univers aux autres. Et pourquoi pas, ainsi, de se trouver des affinités avec des camarades. '' On aime bien avoir les personnages sur nos affaires parce qu'ils sont forts et qu'on les aime bien.'' Le problème est que parfois, l'attraction pour un personnage évolue en cours d'année, et c'est ainsi qu'un de mes élèves arborant un cartable Superman acheté à sa demande, préfère à présent Spider Man...

Les enfants s'extasient facilement devant les vêtements des autres, sans pour autant montrer de l'envie ou de la jalousie...

 

Des licences sur les vêtements…

Les vêtements à l'image des héros se retrouvent la plupart du temps jusque vers l'âge de 8 ans. Ensuite, les enfants quittent ces vêtements pour un autre type de marques. Ils vont alors se diriger vers des marques partagées avec les adultes. Les marques de sport se taillent la part du lion à travers les baskets, t-shirts, joggings... Les filles se démarquent en portant des vêtements griffés par de grandes enseignes. Quand on interroge les élèves sur les raisons de leur envie, ils expliquent que c'est pour '' être à la mode, pour faire style '' (prononcé à l'anglaise).

C'est à ce moment-là que l'envie peut naître chez ceux qui n'ont pas les moyens de s'offrir des vêtements plus chers. Un enfant qui ne peut s'offrir les chaussures de marque peut se sentir exclu. Même si cela n'est heureusement pas généralisable, les marques peuvent être un signe d'appartenance à un certain groupe et tant pis pour ceux qui ne peuvent se les acheter.

'' Quand les autres ont des marques et nous non, on a honte. Par contre, on n'aime pas avoir exactement les mêmes vêtements de marque que les autres, ça aussi ça donne la honte. '' Si jeunes et déjà confrontés aux questions existentielles des férus de mode !

 

…les fournitures scolaires…

Les marques, non contentes d'habiller les élèves, ont aussi investi le domaine des fournitures scolaires. Ainsi, à la rentrée, les linéaires des magasins regorgent de fournitures toutes plus griffées les unes que les autres. Rien n'est épargné : le cartable avec l'image de personnages Disney, les trousses et stylos bariolés de super héros; les classeurs investis par des marques de vêtements...

Cet afflux de couleurs et d'images permet d'égayer l'univers des élèves qui peut parfois être un peu monotone : cahiers rouges pour les leçons, verts pour les mathématiques...

Avec l'expérience, je me suis aperçue que les petites fournitures (gommes, stylos, taille-crayons...) représentant des marques, sont de moins bonne qualité que le matériel standard. Les crayons et règles se cassent plus facilement, les gommes laissent des traces... L'effort de conception est certainement mis sur la représentation de la licence aux dépens de la qualité de fabrication. Et c'est bien dommage, car ces fournitures sont souvent plus chères à l'achat. Il est donc évident que dans ce cas, on ne paie que la marque !

 

…et les supports pédagogiques !

Les marques ont aussi trouvé une autre voie pour se glisser dans les écoles et toucher les élèves. De plus en plus créent des supports pédagogiques à destination des enseignants. Ce peut être une marque de dentifrice qui propose des documents afin de sensibiliser à l'hygiène bucco-dentaire ou une marque de céréales qui explique les bienfaits d'une alimentation équilibrée... Souvent, ces documents sont soignés et accompagnés de grandes affiches en couleur, avec la marque visible par tous. Difficile de refuser, en tant qu'enseignant, l'utilisation de tels outils de travail. On se retrouve ainsi, malgré nous, diffuseurs de produits au sein de la classe.

 

Il est quasiment impossible, dans notre société de consommation, d'échapper aux marques. A nous,  les adultes, d'éduquer les enfants afin d'en faire des consommateurs avertis et d'éviter qu'ils ne succombent trop facilement aux sirènes de la publicité.


Par Magalie Courribet, Professeur des écoles


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Tous les commentaires

  • marie080977 (le 22/03/12 à 14H31)chez nous, les produits licences sont réservés aux pyjamas ou éventuellement Tshirt, mais jamais pour aller à l'école ; bien sur la famille les amis achètent plus facilement car c'est sans risque pour plaire à l'enfant. Au supermarché, les petits veulent toujours bien sur acheter les licences, voir les marques vues sur des pubs ou panneaux publicitaires : à cela je leur démontre que le plus important c'est la qualité, le besoin auquel l'achat doit répondre, et son prix bien sur.
  • Béa_ (le 03/06/10 à 12H59)"Difficile de refuser, en tant qu'enseignant, l'utilisation de tels outils de travail. On se retrouve ainsi, malgré nous, diffuseurs de produits au sein de la classe." Institutrice en maternelle, je souhaite réagir à ces propos : je ne pense pas qu'il soit difficile de refuser de rentrer dans le jeu des marques qui tentent de pénétrer l'école. Il suffit d'être clair sur ce point. Je pense que ce n'est pas le rôle de l'école que de servir de vitrine aux marques. A nous de choisir les supports neutres ou de les fabriquer s'ils sont tous "pollués" !

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