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Pourquoi les licences séduisent les enfants et leurs parents ?

Par Armelle Le Bigot Macaux, Présidente du cabinet d’études ABC+

jouets à licences

Peluches Winnie l’Ourson, poupées Hello Kitty, jeux de sociétés Harry Potter : les produits dérivés sont partout – et notamment dans le domaine du jouet ! Issues des héros télévisés ou cinématographiques, ces licences séduisent parents et enfants. Armelle Le Bigot Macaux, consultante et spécialiste du marketing à destination des jeunes, nous explique pourquoi.


Que met-on derrière le terme « licence » ?

Il s’agit de tous les produits (vêtements, accessoires, papeterie, etc.) qui obtiennent le droit d’utiliser l’image d’un personnage créé pour un film (de Disney, par exemple), une série télévisée (les Simpsons, South Park) ou une bande dessinée (Astérix). Ces licences fleurissent particulièrement dans le domaine du jouet. Il y a près de 10 ans déjà, une de nos études avait montré que 81% des 4-5 ans – ainsi que 69% des 0-3 ans et 48% des 6-8 ans – possédaient des objets licenciés, tous personnages confondus.

Pourquoi les licences envahissent-elles les linéaires ?

Ce n’est pas qu’un phénomène purement marketing. Elles ont une résonance particulière dans l’esprit des parents et des enfants. Les licences ont une valeur affective : l’enfant s’attache à un personnage parce qu’il apparaît dans l’histoire que son père ou sa mère lui lit le soir ou dans le dessin animé qu’il a vu à la télévision. Et plus le monde est agressif, plus on recherche de la tendresse, de la complicité. Ces produits jouent ce rôle-là. Qui plus est, la tendance vintage, nostalgique, participe à leur succès. Les parents apprécient certaines licences – comme Barbapapa – car c’est une façon pour eux de retrouver leur enfance à travers des héros transgénérationnels. Les parents sont conscients qu’ils paient plus cher pour ce type de jouet. Mais si la licence apporte un vrai plus à l’enfant, voire à eux-mêmes, ils sont prêts à y mettre le prix.

 

Quels sont les produits les plus appréciés des enfants ?

Le type de licence évolue avec l’âge. Pour les tout petits (de 0 à 3 ans), c’est bien sûr la mère qui est prescriptrice. Comme c’est le moment où elle est dans une relation fusionnelle avec son enfant, elle perçoit les jouets à licences comme un doudou. Ils doivent incarner la douceur, l’empathie. C’est le temps de Oui-Oui ou de Winnie l’Ourson. Pour les 3-6 ans, les licences apparaissent comme des compagnons d’ouverture qui vont de pair avec la socialisation. Ils sont un facteur d’intégration. Les personnages sympathiques et stimulants comme Dora l’exploratrice ont alors la cote. De 6 à 8 ans, les parents sont davantage en recherche de modèles : la licence doit être porteuse de valeurs, telles que la morale, la sagesse ou la gaieté. A cet âge-là, garçons et filles n’ont plus les mêmes attentes. Leur rapport à la société change et les licences incarnent cette différence : la préférence des garçons va vers les super héros aux super pouvoirs (du type Batman ou Spiderman) alors que les petites filles misent sur la complicité, l’amitié ou la complémentarité, à travers des figures comme celles de la série Grand Galop ou les héroïnes de W.I.T.C.H. Le parcours des personnages suit la courbe d’autonomie des enfants. Et ils les aident à grandir.

 

Propos recueillis par Natacha Czerwinski.


Par Armelle Le Bigot Macaux, Présidente du cabinet d’études ABC+


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Tous les commentaires

  • loloh (le 07/10/11 à 10H51)Acheter des produits avec licence, c'est juste un gros manque d'imagination de la part des parents et c'est juste une façon se faire un peu plus décerveler par la World Company. Au delà de ça, moi aussi j'aime bien Winnie l'Ourson..... Tout est une question de mesure. Et ne pas penser qu'un jouet ou un livre s'achète juste chez Toy's, la Grande Récré ou dans un hyper....
  • Bidulette à Couettes (le 05/10/11 à 18H07)Je fais aussi partie de ces parents qui en ont ras le bol d'avoir tant de mal à trouver un produit avec un dessin qui soit simplement "enfantin" et joli sans être une licence. Nous en achetons, oui, mais n'avons pas réellement le choix.
  • sweatlife (le 02/06/10 à 15H44)Je suis bien d'accord avec toutes ces réactions!?! Et pourtant mon fils a choisi winnie l'ourson comme doudou... Je pense effectivement qu'il y a d'autres moyens de s'épanouir et de devenir autonome : on va tout de même pas nous faire avaler qu'on sera de meilleurs parents si on gave nos enfants de produits dérivés!!!
  • MAIERW (le 02/06/10 à 14H39)Je trouve que cet article est purement commerciale. Oui les enfants ont besoin de s'identifier à des héros pour grandir, mais la littérature enfantine est assez riche pour trouver ce dont nous avons besoin. Pensez aux contes traditionnels.. Prof des écoles
  • aeonium (le 02/06/10 à 11H50)Armelle le Bigot Macaux caresse dans le sens du poil et veut nous amener à croire que nos petits ne peuvent pas "s'intégrer à la société" "grandir" et devenir "autonome" sans ces singeries de la vraie vie, qui, elle, est en vérité mille fois plus exaltante, mais il faut prendre du temps avec nos enfants et cela a de la valeur alors que ces propositions de licences sont débilitantes. Jeanne Marie
  • nath44 (le 02/06/10 à 11H11)Les licences n'ont qu'un but faire vendre plus et plus cher ! Le reste ne compte pas !
  • PACPAC (le 02/06/10 à 08H45)Comment défendre ce point de vue dans votre newsletter ! C'est scandaleux. Un produit licence porte bien son nom, il n'a pas vocation à être une assiette, un sac ou un livre mais bien un produit licence véhiculant une image et une marque. L'argument "ça rassure votre enfant" est un jeu de dupes, qui enferme les familles dans des codes visuels, culturels et de consommation au mode d'emploi unique. "Et plus le monde est agressif, plus on recherche de la tendresse, de la complicité. Ces produits jouent ce rôle-là." : là c'est le pompon ! Et la recherche de modèle, parlons-en : l'environnement d'un enfant doit l'aider à grandir donc à s'émanciper, et non pas l'enfermer dans des modèles, des codes sociaux qui dictent un âge pour-ci, un âge pour ça. Lui donner les clés de la construction de son autonomie ne passe pas par le rouleau compresseur de la pub et des marques, c'est une évidence que l'on dissimule avec des mièvreries en tous genres. Je passe sur le sexisme de ces produits que vous défendez comme un atout. Tous les arguments que vous avancez pour défendre ces produits sont ceux que je porte à leur encontre. Je défends le droit à la différence, à l'autonomie, à la tendresse, et pour cela je m'éloigne de ce qui code et enferme. Sans parler de la piètre qualité de tout ces produits : de l'assiette qui s'écaille, au sac qui ne ferme plus, au livre écrit avec les pieds. et tout ceci plus chèrement payé alors qu'ils ne prennent AUCUN risque financier. Bref, je m'arrête car je pourrais en écrire ainsi des pages et des pages.
  • nanou21 (le 06/05/10 à 15H41)Les licences sont surtout une façon de vendre davantage de produits : les enfants veulent avoir le dernier objet dérivé du dernier film vu et un mois plus tard, c'est un autre. Pas sûr que les parents soient tout à fait séduits par ces personnages qui n'apportent pas grand chose aux enfants, si ce n'est vider le portefeuille des parents !

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