Est-ce que ça peut venir des parents ?
Oui, par exemple dans le cas de parents non confiants dans leur rôle de parents. Le parent se dit : « Je ne suis pas sûr de ce que je fais », il n’est pas garant de la sécurité de l’enfant et ne renvoie pas la bonne image. Et il y a de plus en plus de parents comme ça aujourd’hui, car on les culpabilise de plus en plus. Pourtant des parents parfaits, ça n’existe pas. Il faut qu’ils agissent comme ils le ressentent avec leur enfant. Qu’ils gardent confiance en eux et en leur enfant.
Pourquoi l’enfant perd-t-il confiance ? Comment repérer ce déficit d'estime ?
Un événement majeur peut entraîner un manque d’estime de soi. Comme l’entrée en CP ou l’entrée en sixième, l’adolescence… Les parents peuvent être alertés par différents signes. Un enfant qui s’évalue mal, qui fait des crises d’angoisse ou de colère quand il a un bonhomme orange au lieu d’un vert. Il s’agit d’un enfant complexé, qui a une mauvaise estime de soi. Elle est soit trop haute, soit trop basse. Il n’a pas su apprendre à s’évaluer. Il faut s’assurer qu’il n’a pas une mauvaise confiance en lui. Cette dernière se construit dans les premiers mois de la vie. La rétablir est un vrai travail en profondeur.
Comment peut-on corriger ça ?
Le parent doit apprendre à l’enfant à s’évaluer. L’enfant est un éternel apprenant; il fait plein d’expériences. Il va aller mettre les doigts dans la prise électrique. Là, pas la peine de hurler, le parent va lui montrer un visage fermé qui dit « Non ». Un enfant apprend tout le temps. En face, le parent doit être là pour lui signaler le bien et le mal. Il faut qu’il lui dise : « Je suis content, tu as eu une bonne note car tu as bien appris ta leçon ». Et de la même manière : « Je ne suis pas content, je ne t’ai pas vu apprendre ta leçon », si la note est mauvaise. L’enfant sait alors ce qu’il doit faire à l’avenir. Si on lui dit « Ta note est mauvaise, tu es un vilain garçon », on vise alors directement la confiance.
De la même manière, un enfant qui apprend à faire du vélo a parfois besoin d’entendre : « Je comprends que tu aies peur mais je sais que tu vas y arriver ». Si le parent émet un doute et ne croit pas au potentiel de l’enfant, c’est mal parti. L’enfant ne montera pas facilement sur un vélo. Pourquoi l’enfant monte sur cette « machine infernale » ? C’est parce qu’il a confiance en son parent. Et de la même manière, s’il tombe la première fois, le parent le remettra vite en selle.
Si on pouvait appliquer la même technique pour les notes… Les enseignants apprennent à souligner ce qui n’est pas bien. Mais pourquoi ne pas aussi souligner ce qui est bien ? C’est tout le principe de l’estime de soi.
Propos recueillis par Marie Blanchardon.
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