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Parents, faites-vous respecter sans fessées !

Par Catherine Dumonteil-Kremer, Consultante familiale

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Que les parents qui n’ont jamais été exaspérés par les bêtises et les refus de leurs enfants lèvent la main… Pas facile de rester serein lorsque nos consignes ne sont pas écoutées. Si l’apprentissage des règles de vie et des limites est essentiel pour un petit, il peut vite devenir un cauchemar pour les deux parties. Pour se faire respecter tout en évitant de passer par la case fessée, suivez les conseils de Catherine Dumonteil-Kremer, consultante familiale et formatrice.

Pourquoi les parents ont-ils du mal à aborder la question des limites ?

Car le premier enfant réveille souvent chez eux des blessures de jeunesse. Et la tentation de reproduire de façon automatique et inconsciente ce que leurs parents ont fait avec eux (gifles, fessées, punitions) est grande. Avec les systèmes coercitifs, nous avons l’impression que tout marche « comme sur des roulettes ». Mais quand on fait souffrir un enfant, il apprend l’évitement, cherche constamment le « bon » comportement pour ne pas contrarier ses parents. Et cela donne des adultes mal dans leur peau.

Comment, alors, se faire respecter « en douceur » ?

La première étape est de se surveiller soi-même. Rendez-vous compte : on ne dit quasiment jamais « s’il te plaît » ou « merci » à un bébé, alors que ce sont des êtres humains qui méritent autant de considération que les adultes.

Et puis, il peut être intéressant de mettre en place des systèmes créatifs, de façon à ce que les enfants apprennent en jouant et par imitation. Par exemple, si votre petit refuse de se brosser les dents, vous avez plusieurs options : vous pouvez lui montrer la façon de procéder et vous brosser les dents en même temps que lui ; l’emmener voir un dentiste (faire appel à un professionnel montre à l’enfant que vous prenez à cœur cette question) ; ou encore acheter de petits outils de dentisterie – comme un révélateur de plaques qui colore les dents en rose – pour faire de ce moment une activité amusante.

 

Je pense qu’il est également essentiel d’essayer de voir le monde à travers les yeux de l’enfant. Si, un soir, il refuse catégoriquement d’aller prendre son bain, il faut tâcher de comprendre pourquoi : peut-être est-ce l’hiver, peut-être n’a-t-il pas envie de se déshabiller… Sans doute qu’en surchauffant la salle de bains, le problème sera résolu.

Proposer des choix (« tu préfères manger tes haricots avant ou après ton dessert ? ») et laisser l’enfant expérimenter lui-même les choses permet aussi de débloquer des situations.

 

Vous dites que les limites sont une question d’écoute des émotions…

Oui. Je ne les conçois pas comme une problématique liée à l’autorité. Toutes les bêtises ont un sens. Si le petit a agi par maladresse, on devrait lui dire : « Ne t’inquiète pas, ce n’est pas grave », comme on fait lorsqu’un de nos amis casse un verre chez nous.

Si l’enfant a un comportement inapproprié, qu’il fait une crise de rage ou de larmes, cela peut être un signal d’alarme. Sans doute vit-il un moment difficile (une souffrance à l’école ? Un divorce ? Un déménagement ?) Aux parents de le décoder et de se dire que cette attitude vient d’une blessure et qu’elle n’est pas faite pour les tester ou les manipuler.

Enfin, il y a la catégorie « exploration » : le bébé fait tomber 150 fois d’affilée une petite cuillère, le petit laisse couler l’eau de la baignoire jusqu’au débordement, etc. Pour éviter les catastrophes, on peut proposer une activité approchante (mettre une bassine d’eau dans le jardin, permettre de jouer avec des ustensiles en bois ou en plastique). Quand un enfant est concentré sur une activité et qu’il se sent en sécurité auprès de ses parents, il n’est pas rare qu’il s’y consacre complètement.

 

Ce type de solutions n’est pas toujours facile à trouver au quotidien !

On ne peut bien sûr pas faire de l’écoute des émotions sur tout. Il y a parfois des situations d’urgence. Quand le petit court pour traverser un boulevard, on n’a pas le temps de lui expliquer, il faut juste le retenir physiquement. Mais sans le blesser. Quand il s’attaque à d’autres, qu’il mord ou tape, il est également nécessaire d’intervenir fermement, en disant : « Je ne suis pas d’accord pour que tu fasses ça. »

 

Et pour ce qui est des caprices, comment procéder ?

Il n’y a qu’aux enfants et aux femmes qu’on reproche de faire des caprices ! L’enfant a pourtant le droit de désirer quelque chose très fort ! On déplore que les petits nous poussent dans nos retranchements mais c’est à nous de nous positionner, de dire non. Bien sûr, dans ces cas-là, on doit s’attendre, en tant que parents, à accueillir des émotions difficiles. Notre « Non » génère une souffrance qui sera déchargée par le biais du chagrin ou de la colère. Mais généralement, ce genre de crise ne dure qu’une quinzaine de minutes.

 

A votre sens, y a-t-il des cas où la punition se justifie ?

Non, car elle est conçue pour faire souffrir. Mais on peut demander à l’enfant de réparer ce qu’il a fait, sans toutefois manifester de la colère ou générer de la culpabilité chez lui. En décrivant la situation de façon neutre (« Il y a de l’eau sur le sol de la salle de bains »), il y a de fortes chances que vous voyez arriver une petite personne toute prête à résoudre le problème…

A mon avis, il est également important de faire en sorte que l’enfant soit à la base de la réparation. Par exemple, s’il s’est battu avec un camarade d’école, les parents peuvent faire office de médiateurs en demandant : « Qu’est-ce que tu comptes faire pour l’aider ? » Lorsqu’on oblige un enfant à s’excuser, il joue souvent la comédie. Lui laisser trouver une solution est plus efficace. Sans compter que cela fait grandir son estime de lui-même.

 

Propos recueillis par Natacha Czerwinski.


Par Catherine Dumonteil-Kremer, Consultante familiale


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Tous les commentaires

  • vivie 83 (le 15/12/11 à 13H53)Bonjour, je suis aman de 4 enfants, 3 filles de 12 ans et 14 ans que j'ai élevé seule pdt 10 ans et un petit garçon de 14 mois que j'éleve avec son papa! Mon petit garçon me tape sans cesse et avec violence parfois depuis plusieurs mois, au début je lui disait de ne pas le faire, que ce n'était pas bien, que ça faisait mal etc, mais il rigoler et c'est vrai que j'avais du mal à garder mon sérieux face à ses mimiques charmeuses, et maintenant je suis complétement démuni, il me tape encore et encore, j'appréhende de le prendre dans mes bras, par crainte qu'il me tape... j'ai essayé plusieurs façons de lui "interdire" de taper: explications, la fermeter, l'imitation: tape sur la main, l'ignorence; mais rien n'y fait.... aider moi s'il vous plait à amélioré la situation, pour pouvoir de nouveau partager de BONS moments avec mon bébé! Ps: je n'ai jamais eu se genre de soucis avec mes filles, elles ont "éssayés" évidement, mais vites compris qu'il ne fallait pas le faire!
  • CMPAU (le 18/03/11 à 05H28)Je ne suis pas d'accord avec vos propros si fermes dans leur globalité ! Tout ceci peu etre valable pour des petits mais pas des touts-petits. La complexité de notre environnement est difficile a mesurer par un tout petit au moment de la découverte. Je pense que les interdits doivent exister et etre leves au fur et a mesure que le bébé se developpe. De meme pour la "fessée". Cette construction progressive permettra la stabilité spycho-motrice. ...

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