D’une manière générale, l’oral doit être privilégié...
Oui, surtout en anglais où l’écrit peut perturber : prenez ‘four’ – le chiffre quatre : il ne se prononce pas vraiment comme il s’écrit. En CE1 et CE2, on fait très peu d’écrit, juste quelques mots. En CM1, on peut commencer à leur apprendre des petites phrases (comme ‘my favourite colour is yellow’). Et enfin, en CM2, ils doivent être capables de lire et comprendre une phrase ou un texte court et simple. Mais ça reste limité : ils auront bien le temps de faire de l’écrit au collège et au lycée.
Quel est l’intérêt de commencer à apprendre une langue étrangère jeune ?
L’oreille d’un enfant est beaucoup plus à même d’attraper les sons d’une langue étrangère qu’une oreille d’adulte. C’est d’autant plus intéressant pour des langues à l’accent éloigné du français, comme l’anglais. Par exemple, quand on entend « fish », on a tendance, en tant qu’adulte, à comparer le son avec un son français, celui du mot « fiche ». Alors que l’enfant prend le son tel qu’il est. De plus, les enfants n’ont pas d’inhibition : ils osent. Alors que pour les plus grands, prendre la parole en public, c’est se mettre en danger.
Selon vous, quel écueil faut-il éviter en tant qu’enseignant ?
Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’apprendre aux jeunes élèves un maximum de mots. La priorité, ce n’est pas d’avoir du vocabulaire, c’est de savoir ce qu’on en fait. Par exemple, il vaut mieux savoir dire ce qu’on aime ou ce qu’on n’aime pas plutôt que maîtriser la liste de tous les aliments.
Souvent, les parents sont pressés. Ils pensent qu’à la fin de l’année, ils pourront faire un voyage en Angleterre et que leur enfant leur servira de guide… Mais il faut savoir que les objectifs de l’Education nationale sont ceux du niveau A1 du Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues : à la fin de l’école primaire, un enfant doit être capable de comprendre des questions simples, comme « What’s your name ? » ou « Do you like apples ? », et d’y répondre. C’est sur le long terme que le travail à l’école primaire paie.
Propos recueillis par Natacha Czerwinski.