Apprendre une langue étrangère aux enfants
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Apprendre une langue étrangère aux enfants

Par Pascal Brunet, Conseiller pédagogique départemental en langues vivantes

langue étrangère

Depuis 2002, l’apprentissage d’une langue étrangère à l’école élémentaire se généralise. Mais comment éveiller au mieux l’intérêt des enfants pour l’anglais ou l’allemand ? Pascal Brunet, ancien professeur des écoles et conseiller pédagogique départemental en langues vivantes, nous fait partager son expérience.

Les enfants ont-ils de la curiosité pour les langues étrangères ?

Oui, pour eux, c’est quelque chose de magique. Ça sonne différemment et on peut associer des actions à des termes : dire « sit down » pour faire asseoir son camarade, c’est très amusant ! A travers leur famille, les chansons ou Internet, les jeunes élèves savent déjà que d’autres langues existent. D’ailleurs, quand un intervenant de langue arrive dans une classe, ils lui disent spontanément « Hello » ! Ils ont quelques notions, même si parfois il leur faut tout désapprendre parce que la prononciation n’est vraiment pas bonne.

Quelles sont pour vous les techniques d’apprentissage les plus efficaces ?

Déjà, ce n’est pas la peine de dire aux élèves que c’est bien pour leur avenir ! Avec des petits, la langue doit servir à faire quelque chose. On prend appui sur des jeux – mais attention, on ne joue pas pour jouer. Avec « Jacques a dit » (Simon Says en anglais), on peut travailler le lexique du corps et les mouvements : « stand up, sit down, touch your nose ». Le chant est aussi très pratique parce que la musique permet de bien intégrer le rythme de la langue.

Les échanges avec des élèves étrangers marchent aussi très bien. Et présenter la culture du pays permet d’éveiller encore davantage leur intérêt. Mais ce qui leur plaît, c’est ce qui se passe pour les enfants de leur âge, notamment dans les écoles – les uniformes, les horaires, les sports pratiqués – et pas vraiment la relève de la garde ou le Parlement !

 

D’une manière générale, l’oral doit être privilégié...

Oui, surtout en anglais où l’écrit peut perturber : prenez ‘four’ – le chiffre quatre : il ne se prononce pas vraiment comme il s’écrit. En CE1 et CE2, on fait très peu d’écrit, juste quelques mots. En CM1, on peut commencer à leur apprendre des petites phrases (comme ‘my favourite colour is yellow’). Et enfin, en CM2, ils doivent être capables de lire et comprendre une phrase ou un texte court et simple. Mais ça reste limité : ils auront bien le temps de faire de l’écrit au collège et au lycée.

 

Quel est l’intérêt de commencer à apprendre une langue étrangère jeune ?

L’oreille d’un enfant est beaucoup plus à même d’attraper les sons d’une langue étrangère qu’une oreille d’adulte. C’est d’autant plus intéressant pour des langues à l’accent éloigné du français, comme l’anglais. Par exemple, quand on entend « fish », on a tendance, en tant qu’adulte, à comparer le son avec un son français, celui du mot « fiche ». Alors que l’enfant prend le son tel qu’il est. De plus, les enfants n’ont pas d’inhibition : ils osent. Alors que pour les plus grands, prendre la parole en public, c’est se mettre en danger.

 

Selon vous, quel écueil faut-il éviter en tant qu’enseignant ?

Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’apprendre aux jeunes élèves un maximum de mots. La priorité, ce n’est pas d’avoir du vocabulaire, c’est de savoir ce qu’on en fait. Par exemple, il vaut mieux savoir dire ce qu’on aime ou ce qu’on n’aime pas plutôt que maîtriser la liste de tous les aliments.

Souvent, les parents sont pressés. Ils pensent qu’à la fin de l’année, ils pourront faire un voyage en Angleterre et que leur enfant leur servira de guide… Mais il faut savoir que les objectifs de l’Education nationale sont ceux du niveau A1 du Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues : à la fin de l’école primaire, un enfant doit être capable de comprendre des questions simples, comme « What’s your name ? » ou « Do you like apples ? », et d’y répondre. C’est sur le long terme que le travail à l’école primaire paie.

 

Propos recueillis par Natacha Czerwinski.


Par Pascal Brunet, Conseiller pédagogique départemental en langues vivantes


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Tous les commentaires

    • crimathe (le 15/09/10 à 13H16)mon fils va commençer le chinois il le veut et je trouve cela formidable
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