Au début, l’hésitation est de mise, puis au fur et à mesure, les élèves gagnent en rapidité d’exécution. J’enrichis alors mon tableau des couleurs complémentaires (violet, orange et vert) pour terminer avec le noir et le gris.
Encre, pastels et gommettes
Une autre matière que j’aime travailler, c’est l’encre. En ce moment par exemple, je travaille sur les pommes qui à cette saison se révèlent surtout jaunes et rouges. On a donc fabriqué une grande frise où chacun colle son fruit avant d’en colorier la surface à la craie grasse (pastel) rouge, que l’on recouvre d’encre jaune par la suite. Le rendu est magnifique.
En moyenne section, j’introduis les algorithmes. L’exercice consiste alors à coller des gommettes à une fréquence imposée : 2 rouges puis une jaune puis deux rouges à nouveau et ainsi de suite. Petit à petit, j’enrichis la palette et je complexifie le rythme.
La décoration du cahier avec sa couleur préférée
La décoration du cahier en début d’année s’impose également. Etant donné que le cahier suit l’élève tout au long de l’année, je propose des couleurs et ce sont les enfants qui choisissent. En petite section, des garçons optent pour du rose fushia, comme Nassim cette année, qui n’est pourtant jamais le dernier à jouer à la bagarre ou à piquer les jouets de ses camarades. Ceci se produit moins l’année suivante en moyenne section, lorsque les garçons réalisent qu’il s’agit d’une couleur plutôt choisie par les filles.
Faire preuve d’originalité
Plus difficile à mettre en place mais intéressante, l’initiative d’une collègue m’a beaucoup plu. Elle choisissait une couleur par semaine et demandait à ses élèves de lui apporter des objets de la couleur en question. Elle a ainsi récupéré des bouchons de bouteille en plastique, des rouges à lèvre, et même un emballage de Kinder et la coque d’un Babybel ! Elle n’a évidemment pas poursuivi l’expérience toute l’année mais elle a traité les couleurs primaires.
Une préoccupation constante
En fin de compte, l’apprentissage des couleurs n’est pas un thème à proprement parler. En maternelle c’est davantage un réflexe à avoir. Lorsque je sens qu’un élève est fragile sur le plan des couleurs, je vais lui montrer les panneaux que j’ai collés au mur et je lui dis : « Tu vois Martin, le bleu c’est cette couleur-là ». Ou bien, lorsque je les habille pour la récré, je les questionne sur les couleurs de leurs vêtements. De toute façon, ce qui touche à la couleur plaît beaucoup aux enfants, ils se sentent vite à l’aise et concernés. D’ailleurs dans cette matière, je me fixe le même objectif qu’il s’agisse d’une classe en ZEP ou de quartier aisé. Ce n’est pas le cas dans l’acquisition du langage, croyez-moi.
Propos recueillis par Maya Méducin.