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Jongler avec les mots : un jeu d’enfant !

Par Christine Vallet, Professeur des écoles et directrice de l’école primaire Michelet

mot

Les blagues et les jeux de mots permettent à l’enfant d’entrer en relation avec les autres, grands ou petits. Jouer avec les mots et expressions stimulent son imaginaire et lui fournit les outils nécessaires à une bonne maîtrise de la langue orale et écrite.


Dès le CP, voire même pour certains en maternelle, les enfants sont très sensibles aux jeux de mots. Dans la mesure où l’enseignant les amène à développer leur imaginaire, ils investissent très tôt le langage comme terrain de jeu potentiel.

 

Les perles naissent de l’absurde

En début d’année, nous travaillons à partir de jeux dadaïstes comme celui des mots-valises, qui consiste à choisir deux mots pour en fabriquer un troisième. Par exemple, si les mots choisis sont « chocolat » et « latéral », la règle du jeu indique que les enfants doivent créer un mot à partir de la première syllabe de « chocolat » et de la deuxième syllabe de « latéral » pour ensuite imaginer une définition au nouveau mot, qui dans ce cas est « choté ». Ce jour-là, Mathilde a écrit : « Choté : confiserie que l’on ne peut manger que sur le côté de la bouche ». Un autre jour, mes élèves ont opté pour « chameau » et « lapin » et je me souviens que l’un d’entre eux m’avait fourni la définition suivante : « chapin : un animal qui a de longues oreilles, deux bosses sur le dos et qui saute ». 

 

Des jeux simples à mettre en place

Je leur apprends également à jouer à « pourquoi ? ». Sur des bouts de papier, la moitié des élèves posent une question de leur choix avec le mot « pourquoi », tandis que l’autre moitié de la classe imagine une réponse avec « parce que ». Puis nous piochons dans le chapeau des « pourquoi » et des « parce que », ce qui donne par exemple : « pourquoi la lune est-elle ronde ?  Parce que le vent souffle ». Et forcément, certaines associations peuvent être à mourir de rire !

 

Les cancres adorent jouer avec les mots

Ma démarche consiste à faire comprendre aux enfants qu’ils peuvent écrire tout ce qui leur passe par la tête, ce qu’ils ont envie d’écrire sans consigne aucune. Et ce que je constate depuis mes débuts, c’est que plus ils sont mauvais élèves, plus les jeux de mots les passionnent. En effet, le bon élève, toujours sage en classe, a tendance à se raccrocher aux règles, qui elles-mêmes le rassurent.  Ne devoir écouter que son imagination angoisse le bon élève car il pense qu’il existe une bonne et une mauvaise réponse quand il doit simplement se lâcher.

J’essaie donc de multiplier les expériences, de trouver des situations ludiques qui se font tremplins de l’imaginaire. On étudie des livres de jeux de mots poétiques comme Le prince des mots tordus de Pef, les histoires d’un garçon qui « va dans son chapeau » au lieu d’entrer dans son château. Image cocasse qui interpelle les enfants et les fait rire à tous les coups.

 

Les jeux sophistiqués bloquent l’imaginaire

Je demande aussi aux élèves de fermer les yeux lorsque je leur lis un poème puis m’enquiers de ce qu’ils ont vu « dans leur tête » pendant cette lecture. J’aime aussi les faire travailler à partir de matériaux de récupération qu’ils ramènent de la maison dans le but de fabriquer à l’école ce qui leur fait plaisir : un monstre, un être humain, un animal… L’objectif reste de mettre en route les imaginaires.

En réalité, plus un jeu est sophistiqué, moins l’enfant laisse libre cours à son imaginaire. De nombreux jeux vidéo tuent l’imaginaire dans l’œuf en prévoyant toutes les situations d’avance. Un jeu de construction comme les Lego oblige au contraire à créer une voiture ou une maison qui n’existent que dans l’esprit de l’enfant. Même jouer à la poupée provoque le mimétisme chez la petite fille, nécessaire à son développement par ailleurs, sans faire travailler son imaginaire. Les mots se suffisent à eux-mêmes pour jongler avec les expressions et inventer des histoires, comme à travers le jeu du dictionnaire, que je pratique aussi en classe.

 

Propos recueillis par Maya Méducin.


Par Christine Vallet, Professeur des écoles et directrice de l’école primaire Michelet


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Tous les commentaires

    • mamielucie (le 30/07/09 à 11H47)Je suis d'accord: c'est en jouant avec les mots qu'on apprend à les aimer! Rébus, jeux de mots, virelangues.....il existe ds livres pour enfant qui jouent avec les mots et qui sont très bien faits. En voiture, avec mes petits enfants, on les lit et on rit beaucoup ! cela toujours un bon moyen de passer le temps.

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