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Pour aider nos enfants à bien manger, « libérons l’assiette de nos enfants ! »

Par Laurence Haurat, Psychologue-nutritionniste, chroniqueuse aux Maternelles

alimentation enfant

I

l ne veut pas manger ? Il boude les légumes mais se goinfre de bonbons, Ketchup et Nutella sont ses aliments préférés ? Votre enfant n’a pas une alimentation qu’on pourrait appeler saine et diversifiée et les repas tournent au cauchemar ? 


 

Stop ! Avec Laurence Haurat, on libère l’assiette de nos enfants, on dédramatise la situation pour que la table ne soit plus source de conflits et d’angoisse, mais le lieu du partage d’une alimentation gourmande… Précisions.

 

Pouvez-vous nous expliquer le titre de votre livre Libérons l’assiette de nos enfants !  ?

Nous avions une volonté de manifeste, de slogan. Les parents sont ligotés par beaucoup de consignes et d’informations et subissent un diktat médical et hygiéniste par rapport à l’alimentation. Le rapport à l’alimentation est très médicalisé et orienté sur le poids. A notre époque, on mange pour être en bonne santé et il faut se libérer de ça. Nous voulions un livre astucieux, qui propose des trucs pour se dégager du temps pour prendre du plaisir alimentaire, prendre du plaisir à table et du plaisir à transmettre. L’alimentation des enfants a plusieurs facettes : c’est à la fois nourrir le corps, il y a aussi un côté social : je mange, j’échange, je transmets et aussi une notion individuelle de plaisir car je prends du plaisir à offrir à manger à mon enfant, à le voir se nourrir et à manger avec lui. Enfin, nous avions envie de dire aux parents qu’ils pouvaient se libérer du diktat des enfants qui voudraient imposer pâtes, riz ou patates à longueur de repas : on n'est pas obligé de dire oui tout le temps.

 

Comment agir face à un enfant qui ne mange que des pâtes, des bonbons et du ketchup ?

Nutritionnellement parlant, ce n’est pas génial. Il va avoir l’énergie qu’il lui faut mais il va lui manquer des nutriments, des oligo-éléments, etc. Si l’on mange de tout, c’est parce que tout nous apporte quelque chose. Mais on ne mange pas que pour se nourrir. Le parent a un rôle d’éducateur et face à un enfant qui se nourrit de la sorte, il peut utiliser toute la gamme des actions dont on use dans l’éducation classique : il  négocie, il enseigne, il se fâche… Si on propose à manger à un enfant et qu’il n’en veut pas, il y a plusieurs cas de figure. Première possibilité, il ne connaît pas ce qu’on lui propose. Dans ce cas, on lui demande de goûter pour qu’il découvre. On peut admettre qu’un enfant n’ait pas les mêmes goûts que nous et goûter est déjà une performance. On lui explique qu’il a le droit de ne pas aimer et on s’arrête là. Mais même s’il n’aime pas, il faut lui en reproposer plus tard pour qu’il s’habitue au goût de l’aliment. On ne bannit pas un aliment pour toujours. Deuxième cas de figure, si on lui propose des tomates et du poulet et que d’habitude il apprécie ce plat, il veut peut-être simplement embêter ses parents. Là, il se joue autre chose. On lui dit clairement : « tu n’en veux pas donc tu n’auras rien d’autre en remplacement, le repas continue ». L’enfant cherche les limites, il faut les poser.

 

Faut-il forcer un enfant qui ne veut pas manger ?

On ne force pas un enfant. On négocie, on lui indique qu’il y a des règles et qu’on attend qu’il respecte ces règles. Il faut aussi se dire que l’enfant sait ce qui est assez pour lui. Pourquoi quand il ne veut pas terminer son assiette on lui dit « encore une cuillère » ou « encore trois cuillères » de manière arbitraire ? La question du « il ne faut pas gâcher » n’est pas un enjeu pour l’enfant. Notre livre a pour but de donner des pistes de réflexion aux parents sur leur rôle d’éducateur alimentaire pour qu’ils décident en connaissant les règles.

 

Quelles sont les vertus du repas en famille ?

On prend les repas en famille dès que c’est possible en terme d’organisation car ce n’est pas facile avec les tout petits. On préconise d’user de ces moments-là pour en faire autre chose qu’un moment nutritionnel. Le repas est aussi un moment de rassasiement émotionnel. Si vous racontez à votre enfant que le plat qu’il mange, c’est le plat que vous cuisinait votre grand-mère à la campagne où vous jouiez avec les poules, il va se nourrir des émotions que vous lui faites passer. Il y a de l’amour donné. Le simple fait de raconter sa journée et d’échanger ses émotions du jour rassasie. Un enfant seul devant son assiette va se remplir avec de la nourriture et rechercher le doux en bouche. Le repas en famille est le moment idéal pour lui faire découvrir les aliments. L’enfant voit les autres manger, ça lui donne envie de les imiter. On l’aide à explorer ses sensations en lui expliquant ce qu’il va ressentir en essayant telle ou telle chose. La transmission alimentaire est très importante, ce n’est pas seulement un domaine cognitif. Cela se ressent plus que cela ne s’apprend, l’enfant doit savoir mettre des mots sur ses découvertes alimentaires pour dire si ça pique, ça colle, c’est acide, c’est sucré, etc. Le parent, plus que n’importe qui est là pour l’assister.

 

Propos recueillis par Marjoliemaman.

Par Laurence Haurat, Psychologue-nutritionniste, chroniqueuse aux Maternelles


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Tous les commentaires

  • dom3 (le 15/11/10 à 10H55)J'ai deux enfants de 5 et 7 ans que nous venons d'adopter - le repas était un cauchemar au départ et je me demandais bien comment nous allions pouvoir améliorer les choses - Je dois dire que maintenant après 3 mois et demi ensemble avec les enfants les repas et le coucher sont les moments que je préfère - Mon mari et moi avons tenu bon sur nos positions et nous avons même servi des repas avec les légumes d'abord et ensuite seulement la viande - idem pour le dessert - les enfants ont tenté de résister d'abord mais ils ont compris que nous n'allions pas céder et maintenant ils mangent de tout - Pour les soupes nous les avons agrémenté de pâtes en forme de lettres de l'alphabet et c'est devenu un jeu - il existe même des pâtes en forme d'animaux du zoo. Ils adorent la soupe et en redemandent! alors qu'avant ils avaient un mystérieux mal de ventre ou une fatigue soudaine et ils sortaient de table pour aller aux toilettes. Maintenant ils ont compris la règle : toilettes avant les repas et s'ils ont besoin d'aller aux toilettes pendant les repas, le repas s'arrête - maintenant que la règle est bien comprise nous pouvons faire des exceptions dans des cas particuliers mais les enfants ont compris le principe.
  • maman spiderman (le 08/11/10 à 11H05)Merci pour cet article, il va bien nous aider ; merci pour la souplesse que vous nous communiquer!!! je suis éducatrice de jeunes enfants et pourtant..........je crois qu'avec mes ptits bouts qui ont 3ans et 16 mois, avec mon compagnon on a du mal à faire des repas un moment de fête!!! plus du "tu dois rester à table et manger!!!" sans forcer notre filsLéo à finir . En plus à présent sa ptite soeurJuliette le regarde et elle écrase ses pâtes dans ses cheveux.Zen restons zen. Merci pour votre éclairage. Laurence

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