Dans votre livre, vous parlez du pondérostat, de quoi s’agit-il ?
On peut le remarquer autour de soi, la plupart des enfants ne font pas attention à ce qu’ils mangent. Si on sert une grosse quantité de nourriture à un enfant, il ne va pas la finir sauf s’il adore ce qu’on lui propose. Dans ce cas, il va manger un peu plus par gourmandise. Le pondérostat de l’enfant va réguler son appétit sur les jours suivant. Il va manger moins mais aussi bouger plus pour gâcher un peu d’énergie pour que sa croissance reste régulière suive sa courbe de référence. Ce pondérostat est plus efficient chez l’enfant. L’une des hypothèses pour expliquer la plus grande sensibilité de l’adulte aux repas excessifs est que ce pondérostat vieillisse et soit moins efficient. L’adulte prend donc du poids.
Le petit déjeuner est présenté comme le repas le plus important de la journée. Faut-il s’inquiéter si un enfant ne veut pas manger le matin ?
Nullement. Chaque enfant est différent. Certains n’aiment pas manger le matin. Sauter le petit déjeuner n’a jamais entraîné de carences ou favorisé l’obésité. On voit ce genre de comportement surtout chez l’ado. Certains n’ont aucun souci pour attendre de manger jusqu’au déjeuner. D’autres ont faim à 10 heures, il faut alors mettre dans leur poche une barre de céréales ou une barre chocolatée pour leur permettre d’attendre le repas de midi. Il n’y a aucune espèce de conséquences à faire ainsi. Le petit déjeuner est le repas qui apporte le plus de calcium donc s’il n’y a pas de petit déjeuner, il faudra retrouver le calcium ailleurs. Il s’agit là encore d’un problème de carence mais sauter le petit déjeuner ne risque pas d’engendrer des enfants obèses. De manière général, on peut dire que seuls certains enfants sont sensibles aux excès mais qu’ils sont tous susceptibles d’avoir des carences.
Les petits pots pour bébés sont-ils inférieurs au niveau nutritionnel par rapport à du fait maison ?
Les petits pots industriels ne sont ni inférieurs, ni supérieurs. Ils sont juste plus pratiques. On peut s’en servir en toute sécurité et sans remords. En revanche, les petits pots ne sont pas supérieurs comme voudraient le faire croire les industriels. Seulement, un enfant qui a l’habitude de manger des petits pots aura du mal à passer à autre chose. Les petits pots industriels présentent une texture très lisse et l’enfant risque de faire la moue devant la texture moins douce d’une purée maison. Il ne faut pas se vexer et continuer à lui en proposer pour qu’il s’habitue au fait maison.
Manger bio, est-ce un plus pour la santé de nos enfants ?
Non, l’alimentation bio n’a aucune supériorité en terme de santé. C’est une pure idéologie. C’est peut-être meilleur pour l’environnement. En ce qui concerne les petits pots, il n’y a presque pas de différence entre les bio et les non bio. La législation sur les petits pots est proche de celle du bio en terme d’exigences, notamment en teneur de pesticides de synthèse.
Faut-il avoir peur du fast-food et des sodas ?
Interdire le MacDo et le Coca pour lutter contre l’obésité n’a aucun sens scientifique car les enfants sont insensibles à l’excès. Il ne faut pas manger de cette manière tous les jours car cela risque d’entraîner des carences mais cela ne rend pas un enfant obèse. En comparaison, ne nourrir un enfant qu’avec des légumes est encore plus mauvais. C’est la diversité qui est importante.
Si l’on doit retenir un seul conseil dans votre livre, lequel est-ce ?
Il faut se faire plaisir et donc, faire plaisir à son enfant. Il faut avoir du bon sens et le sens du bon, c’est à dire, ne pas donner la même chose tout le temps et avoir le sens du plaisir. Si on a la diversité et le plaisir dans l’assiette, on a tout ce qu’il faut.
Propos recueillis par Marjoliemaman.