Rythmes scolaires : « Il faut avant tout se centrer sur l’organisation de la journée »

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Rythmes scolaires : « Il faut avant tout se centrer sur l’organisation de la journée »

Par René Clarisse, Chronopsychologue et maître de conférences en psychologie du développement

C’est un homme engagé qui, depuis des années, arpente la France pour convaincre enseignants, parents et décideurs du bien-fondé des travaux de la chronopsychologie dans l’aménagement des temps scolaires. Aujourd’hui, René Clarisse, maître de conférences en psychologie du développement à l’université de Tours, dit « espérer qu’enfin, on prenne les bonnes décisions. » Entretien.

La journée scolaire française est aujourd’hui la plus longue au monde… Comment l’expliquez-vous ?

La question des rythmes de l’école a toujours été sous-tendue par des enjeux politiques, économiques et commerciaux, et non par les besoins de l’enfant. Les deux mois de vacances estivales ont ainsi été institués pour que les enfants puissent aider leurs parents aux champs. En 1968, après les Jeux olympiques d’hiver, on s’est rendu compte qu’il fallait rentabiliser les structures construites et les trois zones ont été créées pour prolonger l’activité touristique. Savez-vous pourquoi les vacances de la Toussaint ne durent que 10 jours ? Parce qu’il ne fait pas beau et qu’il n’y a pas de neige en montagne : ça n’intéresse personne !

Quel regard portez-vous sur l’organisation actuelle du temps scolaire ?

La semaine de quatre jours n’est absolument pas le rythme idéal : l’apprentissage massé fatigue les enfants, tout comme les enseignants. Il crée une situation de gavage et à terme, je pense que ce système risque de générer une paupérisation culturelle de la société.

Avant le décret de 2008, qui a institué cette semaine de quatre jours, nous avions montré que le meilleur aménagement pour l’enfant était la semaine de quatre jours et demi avec le samedi matin travaillé : ce système évite la désynchronisation d’un trop long week-end et induit une rythmicité, une régularité dans les horaires et les contenus. Qui plus est, le samedi matin est un temps qui permet de revenir sur des notions abordées dans la semaine et de favoriser les rencontres enseignants/parents.

Quelles sont vos autres recommandations ?

Je pense qu’il faut avant tout se centrer sur l’organisation de la journée avant de s’intéresser à celle de la semaine. En effet, il a été prouvé qu’il y a deux pics d’attention chez les jeunes : en fin de matinée et en fin d’après-midi. Il faut donc privilégier les nouveaux apprentissages à ces moments-là. En revanche, le début de matinée et le début d'après-midi doivent être consacrés à des activités moins soutenues. Les moments reconnus comme les moins favorables, tôt le matin ou en début d'après-midi, doivent être réservés à des activités familières et maîtrisées.

Je pense également que ce n’est pas la discipline elle-même qui doit être prise en compte, mais la charge cognitive et émotionnelle demandée à l’enfant. Prenez le sport, par exemple : ce n’est pas uniquement de la détente. Il y a des consignes, des règles, des mouvements à coordonner, etc. Pour les plus petits, c’est aussi de l’apprentissage.

Il est également important de moduler le nombre d’heures de classe suivant l’âge : on pourrait imaginer passer d'une journée de 5 heures pour les plus petits à une journée de 6 heures pour les plus grands. Mais cela ne veut pas dire fermer l’école à 14h ou 15h ! Il faut des relais, un temps péri et extra scolaire de qualité, des personnels formés, qualifiés. L’éducation ne passe pas uniquement par l’école. La construction de l'enfant se fait aussi dans les temps libres.

 

La fatigabilité des enfants doit également être mise dans la balance…

Oui. D'un point de vue physiologique, les enfants, comme les adultes, n'ont plus leur compte d'heures de sommeil. En 30 ans, dans le primaire, les enfants ont perdu ¾ d’heure de sommeil par jour. C’est beaucoup. Nombreux sont ceux qui disposent d’une console de jeu ou d’un ordinateur dans leur chambre. Or, les écrans retardent l’endormissement. Lorsqu’un petit prend le train du sommeil en retard, il ne peut pas avoir son compte de repos…

Bien sûr, ce n’est pas à l’école de fixer l’heure du coucher. Mais je conseille aux parents de bien mesurer le nombre d’heures dont leur enfant a besoin. Pour cela, il suffit de se mettre dans une situation de vacances, sans réveil provoqué, et de remonter en arrière jusqu’à l’heure du coucher. Il est important de mettre cela en évidence car le sommeil est un besoin vital et nécessaire. Et l’éducation des enfants passe par le respect de leurs rythmes biologiques, physiologiques et psychologiques.

 

Propos recueillis par Natacha Czerwinski.

 

 

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 Oui à des journées moins longues à l'école ! Mais comment occuper ses enfants pendant le temps péri et extra-scolaire ?

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Par René Clarisse, Chronopsychologue et maître de conférences en psychologie du développement


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Tous les commentaires

    • GeneBrux (le 06/09/11 à 09H20)Oui et le samedi a été abandonné non pas pour le bien des enfants mais pour le confort des parents ... qu'ils puissent partir en week end tranquils et n'aient pas à se lever un jour ou ils ne travaillent pas (en majorité en tous cas...)... et en France on se dit : vivent les longues journées d'école ... de toutes facons les parents travaillent, autant faire les choses obligatoires pendant que les parents travaillent !! Donc d'accord en bien des points avec cet article ; mais un seul point me chiffonne : en parlant de rythme de la journée, je m'interroge également sur le rythme des repas et collations. Je suis surprise de voir que pour vous la fin de matinée est un moment favorable à de nouveaux apprentissages ... quand on voit dans quel état les enfants sont en fin de matinée même en ayant pris un petit déjeuner (et bien des adultes aussi d'ailleurs, je le repete tout en prenant un petit déjeuner sain et équilibré - et je ne parle pas de céréales industrielles pleines de sucres rapides !!). La décision d'interdir la collation dans la matinée meme en maternelle est elle dans l'interet de l'enfant, personnellement je ne le pense pas ... Volonté interessante d'agir en faveur de l'éducation nutritionnelle, mais là on n'est pas dans l'éducation : plutot que d'apprendre a parents et enfants ce que serait une bonne collation (et pas des sucreries a n'en plus finir), l'éducation nationale, et ses soi-disant experts qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, ne trouve rien de mieux que de dire "c'est pas bien, il faut pas" je connais au moins une école (publique) qui a mis en place les pause-fruits ... en voila une idée ! tiens donc !! comme c'est étrange !! évidemment cela se fait avec les parents, tous ensemble dans le même sens, apres explication de la démarche et sans infantiliser les adultes !! mais ca évidemment l'éducation nationale n'en a cure D'ailleurs contrairement aux belles paroles, bien des membres de cette institution pense que les parents doivent rester en dehors de l'école et les empecher de faire ce qu'ils veulent comme ils veulent ! (je ne parle pas là des enseignants sur le terrain qui doivent se contorsionner a chaque nouvelle directive ; bientot c'est l'armée !!)

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