Des limites à mettre et à donner
L'enfant, à travers le « non » nous montre qu'il entre dans un nouveau stade de développement, mais il reste tout de même un tout-petit qui a besoin que l'adulte balise son champ d'actions. En effet, nous savons tous, qu'il est indispensable d'apporter à tout enfant la sécurité sans laquelle il ne pourra évoluer pour s'autonomiser et s'ouvrir au monde. Pour cela, il a besoin des adultes.
Les limites que vous lui donnez forment des repères et des soutiens sur lesquels il peut s'appuyer solidement pour s'élever et grandir. Ces limites font partie du développement de l'enfant même si elles entraînent pleurs et contrariété. Au contraire, c'est une éducation sans frustration ni conflit qui empêcherait l'enfant d'évoluer correctement.
Pas facile de devoir sans cesse rappeler les règles, d'affirmer les interdits qui le plus souvent suscitent un conflit et de devoir l'assumer jusqu'au bout. Cela signifie en effet de devoir faire face à la violence et à la culpabilité de devoir frustrer son enfant.
En famille comme à la crèche, c'est l'autorité de l'adulte qui est interpellée, mise à l'épreuve. Dès lors que l'adulte hésite, vacille, tergiverse, l'enfant peut éprouver le goût d'une victoire. Mais c'est une victoire amère où sa confiance en l'adulte et son sentiment de sécurité sont mis à mal. Alors énoncez des règles suffisamment claires et concises, et posez un « non » d'adulte catégorique. Vous aidez ainsi votre enfant à grandir, car à l'intérieur des limites qu'il trace et consolide, s'ouvre, infini, l'espace de la liberté et du « OUI ».
* René A. Spitz, psychiatre et psychanalyste américain qui a beaucoup travaillé sur la relation mère-nourrisson. Auteur de la notion d'hospitalisme. Le non et le oui, genèse de la communication humaine, éd. PUF, 1983.