Comme pour toutes les étapes du développement chez le jeune enfant, chacun va à son rythme. Disons que les premiers mots arrivent dans la première année et que cela se confirme à partir de deux ans. Mais laissons-leur la possibilité d’investir tranquillement l’espace de la parole. D’autant si plusieurs langues se côtoient dans son environnement, l’enfant développe son oreille d’abord, et ne se décidera à parler que plus tard. Dans un premier temps, il écoute et emmagasine.
A la crèche, une place de choix pour la parole
A la crèche, nous utilisons la parole en toutes circonstances et ce, dès l’accueil des bébés. Nous considérons l’enfant comme une personne qui voit, entend, et est à même d’établir des processus intellectuels (comprendre, communiquer, apprendre). Nous lui expliquons simplement, mais clairement, les situations qu’il vit et ressent.
La verbalisation permet également de réguler nos interventions. Il est normal qu’un bébé ait besoin d’être dans les bras de l’adulte, mais si nous faisons en sorte qu’il nous voit et si nous lui parlons de plus loin, l’enfant va comprendre petit à petit qu’il est libre d’aller vers les autres et les jeux.
Enfin, la parole nous permet de donner à l’enfant un cadre avec des règles de vie. Sans excès, mais bien définies, elles lui permettront d’être rassuré sur son environnement (lieux, personnes), et le laisseront libre de penser, d’agir ou de se poser au sein de ces limites.
Peu importe la ou les langues que l’enfant entend dès son plus jeune âge, l’essentiel est que cela lui soit adressé de manière claire et adaptée. Le langage est avant tout un outil de communication visant l’échange et le dialogue.
Alors dans un monde d’e-mails, de chats et autres sms, arrêtons-nous, revenons au b-a-ba et écoutons ce que les enfants ont à nous dire. C’est le seul moyen de les inscrire dans le langage et de les autoriser à s’exprimer par la parole. Le reste, ils s’en chargent !