Border tous les habitants du monde
Davantage tourné vers la poésie et le symbolique, Tous les soirs du monde, de Dominique Demers et Nicolas Debon, met en scène un petit garçon prénommé Simon qui n’arrive à dormir qu’a condition que son papa ait bordé la planète entière. A travers les mots et les gestes, c’est le même rituel qui se répète : le papa pose ses mains sur les pieds de son fils et endort ainsi tous les animaux des océans, puis il met ses mains sur les genoux du petit et met au lit les animaux de la savane et ainsi de suite jusqu’à ce que le papa caresse la tête du petit garçon et dise au revoir à tous les êtres vivants qui peuplent la planète. Rien de tel que cet album pour entrainer votre tout petit dans un tourbillon d’illustrations empreintes de beauté et de tendresse.
Moment de partage et de complicité
Le conseil que je donne toujours aux parents c’est d’aimer les histoires qu’ils racontent. Les histoires du soir sont aussi destinées aux parents puisque la lecture est un partage, un vecteur d’émotions parents/enfants.
Et même si les enfants réclament jour après jour les mêmes albums, n’hésitez pas à varier le type d’histoires et d’illustrations : fantastique, poétique, comique, historique…
Souvent aussi je constate qu’une fois l’enfant en âge de lire par lui-même, les parents ont tendance à lui mettre la pression en assénant d’emblée : « maintenant que tu es au CP, tu te débrouilles ». Bien sûr, il est tout à fait sain de faire évoluer le rituel de l’histoire à mesure que l’enfant grandit, mais il me semble que le mettre sur les rails reste un meilleur choix que de lui imposer des changements brusques. Puis, vous pouvez lui proposer de lire l’histoire à deux : c’est lui qui commence puis vous prenez le relais. Lorsqu’il y a des dialogues, chacun peut interpréter un personnage. Et rien ne vous empêche de continuer à inventer des histoires lorsqu’il vous demande : « maman, tu peux me raconter de ta bouche ? ».
La routine de l’histoire du soir doit rester un moment de plaisir partagé, et non pas un examen. Vous accompagnez votre enfant vers le sommeil dans une relation complice, ce n’est pas le moment d’évaluer son niveau de lecture. Réservez plutôt cette activité à l’heure des devoirs.
Propos recueillis par Maya Méducin.