La figure du Père Noël est également très importante…
Comme la petite souris ou les œufs de Pâques, c’est effectivement un des mythes fondateurs de l’enfance. Grâce à lui, les plus jeunes ont le sentiment d’être dans un conte de fées, où tout est possible. Et en apprenant la vérité, l’enfant passe dans le monde des grands et apprend à vivre dans la réalité. C’est pourquoi ce sont les parents qui doivent transmettre le secret : si l’enfant l’apprend par les autres, il risque de ne pas se sentir digne de la confiance de ses parents. Et à son tour, l’enfant va garder le secret pour les plus petits : et il en est très fier !
Comment l’enfant vit-il cette fête ?
C’est souvent une période de pression, tout le monde est un peu fatigué, et les plus jeunes aussi. Parfois, les adultes sont vexés parce que l’enfant ne sait pas remercier et montre sa déception parce que le cadeau ne correspond pas à ce qu’il avait imaginé… Ce n’est pas parce qu’il est ingrat, c’est parce qu’il est ému. Et cette émotion peut être paralysante. Inutile de l’écarter ou de le culpabiliser : ce n’est pas grave, il a le temps d’apprendre à réagir. Mais on peut le prendre à part et lui expliquer : « Le vélo est rouge et pas bleu comme tu voulais, mais tu verras, on s’amusera quand même beaucoup avec… » ou bien « Le jouet ne marche pas encore, il n’a pas de pile, mais on va s’en occuper tous les deux dès ce soir… ». Verbaliser, c’est essentiel.
Est-ce l’occasion de lui apprendre le partage au sens large ?
Il est vrai que l’enfant a un esprit citoyen assez développé. On peut, pourquoi pas, lui proposer de rendre visite à des enfants malades à l’hôpital pour leur donner des cadeaux. Mais il ne faut pas trop insister : l’enfant n’a pas à porter toute la misère du monde à ce moment-là. Par contre, on peut lui expliquer que, dans son école, dans sa classe, d’autres enfants ne fêtent pas Noël de la même façon et que cela mérite le respect.
Auteur de : Petits tracas et gros soucis de 1 à 7 ans
Propos recueillis par Natacha Czerwinski