Quels sont les thèmes les plus souvent utilisés ?
Il y a beaucoup d’histoires autour du Père Noël, à qui il arrive des histoires rigolotes, par exemple, mais aussi autour des rennes et de la fabrication des jouets. La thématique écologique – le sapin de Noël qui vit sa dernière année dans la forêt – est aussi présente. Il y a assez peu d’albums sur les Noëls du monde. Mais quelques ouvrages développent le sujet du manque d’argent, des familles pauvres qui fêtent Noël autrement. Ces histoires, comme toutes celles qu’on leur raconte, touchent évidemment les enfants.
Certains sujets vous semblent-ils inappropriés ?
Non, nous sommes ouverts à tout. Ce qui compte, c’est la façon dont le sujet est traité. Par exemple, le thème religieux peut être un peu difficile à aborder. Mais il ne faut pas s’interdire d’acquérir un ou deux albums qui traitent de cet aspect-là, parce qu’avant d’être une fête autour du père Noël, Noël est une fête religieuse.
Je me souviens, il y a quelques années, nous avions eu des discussions, au sein de l’équipe des bibliothécaires jeunesse, sur un ouvrage qui tournait l’arrivée de l’enfant Jésus en dérision. C’était bien sûr un album pour les plus grands, parce que l’humour ne parle pas aux petits. Après réflexion, nous avons fini par acheter le livre parce qu’il était très bien fait.
Quelles sont pour vous les meilleures histoires ?
J’aime beaucoup l’album qui s’appelle Boréal-Express – il a d’ailleurs été adapté au cinéma sous le titre Le Pôle express. Il y a tout dedans : la magie de Noël, l’attente, le rêve, le côté fantastique. Même s’il date un peu maintenant, c’est un album que j’ai toujours envie de faire découvrir aux enfants. L’histoire de Michka, le petit ours en peluche qui sort dans la neige le soir de Noël, que nous connaissons quasiment tous, est également toujours d’actualité.
Qu’apportent ces ouvrages aux enfants ?
Le propre d’un bel album réussi, c’est que chacun se fabrique ses propres images. Les histoires de Noël créent de la féerie, loin du côté commercial dans lequel cette fête est tombée et dans lequel les enfants eux aussi sont plongés. Même pour les plus grands, qui connaissent le ‘secret’ du père Noël, la fiction permet de rêver. Et la beauté d’une histoire se transmet toujours.
Propos recueillis par Natacha Czerwinski.