Dis-moi comment tu t’habilles ?
Le sapin, symbole de l’éternelle jeunesse car toujours vert, était orné de pommes rouges pour représenter le brandon rougeoyant originel. Celles-ci évoquaient aussi les étoiles ou les différents mondes cités dans les légendes. Dans la tradition nordique, la déesse Idunn gardait les pommes de l’éternelle jeunesse mais les géants venaient les voler. Et il fallait absolument les retrouver car les dieux vieillissaient. Sur le parvis des églises, on jouait des « Mystères » racontant l’histoire d’Adam et Eve, avec un arbre rempli de pommes. Mais au lieu d’être synonyme de pêché originel, l’arbre à pommes était l’objet d’un culte immense car au-delà de l’évocation de la Genèse, les peuples honoraient les traditions antérieures. Toutes les fêtes religieuses étaient célébrées de façon à détourner les fêtes païennes d’origine.
Les lumières étaient très importantes, faisant suite à la notion d’arbre de feu, honoré pendant des siècles. Elles représentaient toutes les êtres qui peuplaient les différents mondes (selon les nombreuses traditions), qu’ils soient elfes, ogres, animaux ou humains. Les animaux comme les cerfs, les rennes, les cornues, les chèvres, etc. sont venus beaucoup plus tard.
Rituellement, on devait décorer le sapin le jour du solstice d’hiver et on le brûlait le douzième jour, jour de « la nuit des Rois » (l’Epiphanie) pour libérer toute l’énergie qu’il avait accumulée durant cette période. Les boules sont utilisées depuis la deuxième moitié du XXe siècle en remplacement des pommes, souvent produits de luxe en temps de guerre.
Comment as-tu voyagé ?
Le sapin comme représentation de l’arbre de Noël s’inscrit dans une tradition nordique (mais chaque endroit du monde a ses essences particulières). Mais la première trace de la ritualisation du sapin date de 1521, à Sélestat en Alsace, où un édit permettait aux forestiers d’abattre des sapins, pour la fête de Noël. Puis cet édit s’est appliqué à Strasbourg, ville par laquelle passaient les marchands pour aller en Allemagne, où ce rituel s’est ensuite développé. L’arbre de Noël n’apparaît toutefois qu’assez tard dans le reste de la France : à Paris, le premier sapin de Noël fut dressé en 1837, aux Tuileries, par la princesse Hélène de Mecklembourg, épouse du duc d’Orléans. La coutume se généralisera ensuite après la guerre de 1870 dans tout le pays. Et elle s’expatrie en Amérique grâce aux soldats.
Propos recueillis par Elisa Deliège.