Devenez les « papa et maman » Noël des enfants démunis
C’est une figure du bénévolat. Pendant 24 ans, Marie-Josée Quersin s’est dévouée pour les plus démunis de sa ville, Nanterre. Engagée auprès du Secours Catholique, elle a organisé de grandes collectes de jouets pour les enfants. Elle rappelle l’importance du don en période de fêtes.
Pourquoi avez-vous eu à cœur de devenir bénévole ?
Je suis tombée dedans quand j’étais petite ! Enfant, j’habitais rue du Cherche-Midi, à Paris, là où s’est ouverte la première antenne du Secours Catholique. Mon papa, un homme hors du commun, n’hésitait pas à faire venir à la maison les personnes qui ne pouvaient pas être aidées par l’association. Et pourtant, nous n’avions rien… Plus tard, mes parents ont divorcé et je me suis retrouvée en pension. Quand j’avais 10 ans, j’ai passé Noël toute seule, avec mon frère. Personne ne nous a rien offert. C’était très dur. J’ai alors pris l’engagement que plus tard, je ferais en sorte qu’aucun enfant ne connaisse ça. Et j’ai tenu parole.
Que conseillez-vous de donner ?
Surtout, pas de jouets cassés, de camions où il manque une roue, de poupées à qui il manque un bras, de puzzles où il manque 5 pièces. Ce n’est pas la peine. Je dis toujours aux gens qu’en « offrant » ce genre de choses, ils rendent les personnes démunies encore plus pauvres. Avec des friandises, on est sûr de faire plaisir !
Les enfants eux-mêmes sont-ils sensibilisés à la nécessité du don ?
Oui. Ils disent qu’ils donnent une poupée qu’ils aiment parce que cela a plus de valeur que si c’était un jouet auquel ils ne tiennent pas. D’autres achètent un paquet de bonbons avec leur argent de poche « pour le petit enfant qui n’aura pas de jouets parce que le père Noël ne peut pas être partout ». Je trouve que c’est bien de les faire participer, ne serait-ce qu’en leur donnant une pièce qu’ils iront mettre eux-mêmes dans la corbeille. Cela fait partie de l’esprit de Noël.
Pourquoi est-ce important ?
Noël, c’est la fête. Mais pour beaucoup de gens, c’est une période de désarroi immense qui génère une grande perte de confiance. D’ailleurs, on compte à cette période un nombre de suicides incroyable… Regardez le film Le père Noël est une ordure. C’est une caricature, mais il y a un fond de vérité. Il y a beaucoup de personnes seules pour qui Noël est un moment très pesant.
De mon côté, je tiens à ce que les bénévoles bannissent l’expression « vous avez droit à » et utilisent plutôt la formule « nous sommes heureux de vous offrir ». Beaucoup de gens passent en effet leur temps derrière des guichets à demander des droits. Je voudrais que la fête de Noël n’ait rien à voir avec leur quotidien. C’est un cadeau.
Propos recueillis par Natacha Czerwinski.