Avec les céréales, un taboulé d’épeautre par exemple, une céréale très dense pleine d’énergie, de fibres et de minéraux. C’est très bon pour la santé, et ça remplit bien l’estomac, une bonne solution pour éviter les grignotages.
Comment se déroulent vos ateliers ?
On commence par regarder les produits, on les touche, toucher c’est important : il y a des enfants qui n’ont pas vu de poissons entiers depuis longtemps !
Puis quand les enfants sont en cuisine, je fais le tour avec une soucoupe pour que chacun goûte.
J’essaye qu’il y ait du travail pour tous les enfants, en fonction de leur âge. Chacun doit avoir fait quelque chose, appris des trucs : les plus petits (6/7 ans) au poste des fines herbes avec de petits ciseaux, les 8/9 ans vont pouvoir émincer, hacher…
Je confie le chaud, ou ce qui peut présenter un danger, à un garçon de 11 ans, qui sera le « chef du chaud », et surveillera les cuissons avec moi. On forme une équipe.
Puis en fin d’atelier, chacun prépare son assiette, avec des emportes-pièces par exemple, et des herbes hachées pour parsemer… toujours une petite touche finale pour que l’enfant s’approprie ce qu’il va manger.
Le dernier sens qui intervient avant la dégustation c’est la vue, c’est ça qui doit déclencher l’envie !
Avez-vous une technique, des trucs pour faire manger des légumes aux enfants ?
Le principal, c’est de participer, et en cuisine, de goûter.
J’essaye d’abord de trouver les mots adaptés à l’âge de l’enfant et à ses capacités. Puis avec mes recettes, le challenge est de lui « vendre » quelque chose qu’a priori il n’aime pas, en l’enrobant dans un côté ludique, avec une préparation un peu originale.
Je suis mieux placée que les parents puisque je suis quelqu’un de nouveau et d’extérieur et en général on s’amuse bien. Je les «piège » un peu. En début d’atelier, quand je demande « qui n’aime pas la tomate ?», la moitié des enfants lève la main. Mais à la fin, après avoir préparé ensemble un carpaccio de tomates et de fraises avec une réduction de balsamique, après l’avoir goûté, ils sont fiers de dire à leur mère « maman j’aime les tomates ! ». Pour moi c’est ça de gagné.
Quel retour avez-vous des enfants ?
Formidable… la fameuse phrase « c’est moi qui l’ai fait ! ». Je les ai amenés, par un travail collectif, à réaliser quelque chose qu’ils croyaient hors d’atteinte. Et la plus grande récompense, c’est de leur faire accepter un fruit ou un légume qu’ils rejetaient jusque-là.
Auteur de "Tout se mange avant six ans" Ed. Minerva
Propos recueillis par Colombine Denis.