Je suis allé à Paris avec mon jeu, j’ai travaillé avec l’Education Nationale dans des écoles. Et j’ai fondé un centre Kapla. Mais les débuts ont été difficiles : difficile de convaincre. Les gens trouvaient l’idée trop simple, on pensait que ça n’allait pas tenir. Mais j’ai eu le soutien des ludothèques, qui m’ont beaucoup aidé, de l’Education Nationale - ils ont tout de suite compris, senti, ce que Kapla avait de nouveau. Et puis la présidence française a acheté 300 boîtes pour Noël pour le personnel de l’Elysée et l’aventure Kapla a démarré, avec un succès d’estime, bien avant le succès commercial !
Qu’est-ce qui fait la particularité de Kapla ?
Kapla ce sont des planchettes de bois toutes identiques, aux proportions ni trop longues ni trop courtes : il y a 3 épaisseurs pour une largeur et 5 largeurs pour 1 longueur. Cette pièce unique s’avère la plus apte à tout construire, sans attache, sans point de fixation.
C’est un compromis idéal entre les qualités de constructions et d’expression, un peu comme du sable, un sable sophistiqué qui ne salirait pas ! Le sable c’est pour moi l’un des meilleurs jeux de construction, j’ai beaucoup joué avec quand j’étais enfant.
Enfin, comme il n’y a qu’un seul élément dans le jeu Kapla, la solution doit venir du cerveau !
Et le but du jeu ?
Comme je vous le disais, la principale qualité de Kapla, c’est d’obliger le joueur à réfléchir, imaginer, essayer, à trouver la solution.
Les plus petits commencent avec des petites tourelles ou de simples lignes au sol. On peut écrire des formes, des murs, des séparations. Pendant les animations par exemple, je dessine au sol une ligne très courbée et on décide de quel côté est la mer et la terre et on crée dans la ligne des ouvertures pour faire des rivières et des ponts. Avec Kapla et son imagination, on peut recréer le monde entier : un zoo d’animaux, un port, un aéroport… !
Kapla, c’est très zen. Ca se passe dans la tête : il suffit d’observer les enfants et de voir comme ils sont très, très concentrés et leurs gestes mesurés au moment de poser les planchettes pour ne pas les faire tomber.
Les qualités manuelles sont importantes, ce jeu favorise la coordination entre les yeux et les mains ! Enfin quand les enfants jouent à plusieurs, cela développe les échanges et la communication entre eux.
Enfin « Kapla », d’où vient ce nom ?
C’est une abréviation de "Kabouter plankjes", qui veut dire "Planchettes de lutin" en hollandais. L’idée m’est venue en discutant avec un ami, bien avant de mettre le jeu sur le marché.
Propos recueillis par Colombine Denis.