Pistolets, épées... : comment réagir face aux jouets guerriers ?

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Par Edwige Antier, Pédiatre, auteur de "Elever mon enfant aujourd'hui"



                               

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Pistolets, épées... : comment réagir face aux jouets guerriers ? 

Les enfants ont toujours joué avec des soldats. L’universalité du jeu de guerre, adopté par tous les petits garçons depuis des siècles, montre que ce jeu fait partie de l’identité de l’être humain. Bien sûr, c’est un jeu de garçon, un jeu viril.

Les petits garçons qui consultent à mon cabinet ont un jouet préféré : l’épée. Dès qu’il y en a une, ils se la disputent, et celui qui a réussi à se l’approprier s’y cramponne jusqu’à son départ. Je partage tout à fait l’analyse de Françoise Dolto : « si on n’offre pas aux enfants des fusils ou des revolvers, ils en fabriqueront avec du carton ou avec n’importe quoi ». Les petits ont besoin de fantasmer avec l’idée de maîtriser la vie ou la mort. C’est ça, un être humain. Il faut qu’il arrive à apprivoiser les mystères de la vie. L’enfant se met dans un monde imaginaire pour y arriver. C’est grâce à ces jeux qu’il supporte ensuite la réalité, la restriction de la liberté imposée à tous par la nature des choses, par la souffrance, par les lois sociales, par la mort. L’imaginaire sert à se défendre du drame de la réalité. Mais que les parents n’entrent pas dans ce jeu, ce n’est pas la peine non plus de dépenser beaucoup d’argent pour des jouets de guerre. Qu’ils sachent simplement que les enfants ont besoin d’y jouer.
La passion des garçons pour les pistolets, les revolvers et les épées met en général les parents pacifistes mal à l’aise. Je vois souvent des pères me demander s’ils doivent vraiment acheter le troisième pistolet rêvé par leur garçon, et j’ai même connu l’un d’entre eux qui m’avait dit avoir cassé le canon du pistolet pour apprendre à son garçon la non-violence. L’enfant avait pleuré et était allé s’enfermer des heures dans sa chambre. Finalement, ce papa se demandait s’il avait bien fait d’agir de la sorte.
 

Si vous cassez le pistolet comme l’a fait le père de cet enfant, cela revient à un geste de castration. J’ai donc conseillé à ce père de s’excuser auprès du petit garçon, de lui offrir un nouveau pistolet en lui disant : « Tu sais, j’ai réfléchi : bien sûr ce n’est qu’un jouet et ce n’est pas un vrai pistolet, car les vraies armes font beaucoup de mal sur la planète, tuent des adultes et des enfants et la vraie force consiste à ne jamais avoir à s’en servir. »

 

Mes conseils lorsque votre enfant vous poursuit avec un pistolet et fait semblant de vous tuer :

Sachez que, pour un enfant de 5 ans, la mort est réversible. S’il « tue » son frère qui fait semblant d’être mort, cela n’a pas la même signification que pour vous. Mais vous avez le devoir, en tant qu’adulte, de rester dans le réel, de dire que cela vous met mal à l’aise et que vous n’avez pas envie de jouer à ce jeu-là. « Si tu veux jouer avec tes camarades, tu le peux, mais à moi, ta maman, ce jeu ne plaît pas. » Vous devez aussi préciser : « Oui, je t’achète ce pistolet en plastique si tu veux, mais bien sûr, ce n’est pas un vrai, ce n’est qu’un jouet ».

 

Article issu de Mon bébé joue bien, éditions Jacob-Duvernet, 2005 (2ème édition), p. 77.

Par Edwige Antier, Pédiatre, auteur de "Elever mon enfant aujourd'hui"


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