On a retrouvé des traces du yoyo sur un vase grec, où un jeune garçon s’amuse avec. Celui-ci n’a pas tellement perduré mais il est réapparut en France à l’époque de la Révolution, sous le nom d’émigrette ou jeu de l’émigrant. On l’a appelé ainsi car il était très pratiqué par la noblesse réfugiée à l’étranger à cause de la Révolution. Il a pris le nom de yoyo vers les années 1930.
Ces jeux étaient-ils destinés aux plus jeunes au départ ?
Non, ils ne leur étaient pas destinés. Toute une catégorie de jeux de boules ou des jeux de quilles s’est développée à partir du Moyen Âge. Mais les quilles utilisées par les enfants se sont miniaturisées à partir de l’époque de Louis XIII, au XVIe siècle. Lui-même s’est vu offrir un petit jeu de quilles. Mais la plupart des jeux d’adresse sont pratiqués en société par les adultes à la cour des rois pendant toute la Renaissance.
Existe-t-il des « stars » du jeu d’adresse, encore pratiqués aujourd’hui ?
Les billes sont le jeu atemporel qui se joue dans les cours de récréation depuis des générations. Le jeu de balle est le plus universel car il est joué à toutes les époques et par toutes les civilisations. Dans la mythologie, les jeux de balle rituels étaient liés à la création d’un lien, d’un trait d’union entre le ciel et la terre. Elle était aussi lancée en l’air pour faire tomber la pluie. Charles Béart, historien des jeux, a répertorié un seul peuple qui ne jouerait pas à la balle : une population de la famille des Peuls, au nord Cameroun.
Le mikado quant à lui est issu d’un jeu très ancien : le jeu des jonchets, qui était très pratiqué chez Rabelais. Le nom vient de sa façon de jouer : lorsqu’on sépare la masse de jonchets (petits bâtons), ceux-ci viennent couvrir (joncher) la surface du sol ou de la table sur laquelle on joue. Il en existe au musée un spécimen du XVIIIe siècle en nacre et en ivoire, fabriqué à Dieppe. Ce jeu a une particularité : il est destiné à jouer sur le sable car les petits bâtons (7 à 8 cm) viennent se ficher dans le sable.
La toupie fascine toujours du fait de son mouvement particulier. On la retrouve absolument partout (de la Turquie à l’Indonésie en passant par le Japon et la Belgique). Il en existe de très spécifiques comme la toupie « cascadeuse ». Très bombée, elle est entraînée par le mouvement et se retourne pour finir sa course sur sa petite queue. D’autres s’appellent les toupies « ronflantes ». Elles sont creuses et ont un petit trou dans la coque. Quand la toupie se met en mouvement, l’air s’engouffre dedans et elle se met à siffler ou à vrombir.
Propos recueillis par Elisa Deliège.