Quelles activités développez-vous pour chaque tranche d’âge ?
Pour les tout petits, jusqu’à 18 mois à peu près, je propose des jeux de massage (qui peuvent être reproduits au moment du coucher par exemple) et de découverte sensorielle ainsi que beaucoup de chansons, parfois imaginées par nous les animateurs, au cours desquelles les enfants, assis sur les genoux des parents, écoutent les mélodies et participent au grès de leur humeur. C’est aussi l’âge des danses marchées où le parent tient l’enfant par les hanches et suit le rythme.
Vers 18 mois, on joue aussi avec les marionnettes et avec des bulles de savon. On commence à se raconter des histoires, en mimant les aventures : on lève haut les pieds pour faire comme si on grimpait une montagne.
Enfin, de 4 ans et demi à 6 ans, on se concentre sur la découverte de toute une variété de sports ainsi que sur le théâtre. Chaque séance amène un nouveau conte, les enfants miment alors les histoires, prononcent des phrases-clé et apprennent à s’exprimer avec leur corps.
Qu’apportent ces activités à l’enfant ?
L’objectif n’est pas d’en faire des champions, nous souhaitons plutôt faire en sorte que ces enfants se connaissent bien et se sentent à l’aise dans leur corps. Un corps qui représente le moteur de la connaissance et de la communication : ce « plus » au niveau de l’éveil constitue la base de leurs futurs apprentissages en lecture ou en maths. Les enchaînements moteurs, acquis notamment par le biais du sport, permettent aux petits de se repérer dans le temps et l’espace, de savoir évaluer les risques, de mieux s’exprimer tant au niveau corporel que du langage. Pourquoi attendre d’avoir 5 ou 6 ans pour découvrir les joies de l’activité sportive ?
L’optique du gymboree n’est cependant pas thérapeutique : nous accueillons tous les enfants et gardons sans cesse à l’esprit la notion de fête. Nous accordons aussi une importance capitale au respect du rythme de chaque enfant : certains sont davantage observateurs, d’autres apprennent en tombant. Et puis il arrive qu’un petit n’ait aucune envie de jouer sur le thème de la séance et, dans ce cas, nous lui laissons le choix d’une autre activité.
Qu’en est-il du lien parent-enfant au cours des séances ?
La complicité entre le parent qui vient au gymboree (ce n’est d’ailleurs pas toujours le même) et son petit se renforce au cours des séances. Les enfants adorent jouer avec leurs parents, activité qui diffère complètement du jeu avec les copains ou des jeux solitaires. Ce moment privilégié est un rendez-vous très attendu des enfants, dont le visage s’éclaire dès que les parents prononcent le mot « gymbo ». Il faut dire qu’à la maison, les parents se rendent rarement disponibles pour le jeu en tête-à-tête avec leur enfant, encore moins si ce dernier fait partie d’une fratrie.
Propos recueillis par Maya Méducin.