L’enfant fait vraiment la différence entre le jeu et la réalité. Il faut lui faire confiance ainsi qu’en ses capacités mentales. Ce qui n’est pas toujours le cas des jeunes qui jouent à des jeux vidéo dont l’image à l’écran est d’un tel réalisme qu’il a l’impression d’être « en vrai ». Ce type de jeu joue sur des circuits cérébraux tout à fait différents.
Les jeux vidéo violents et guerriers sont-ils « nocifs » ?
Il ne faut pas ostraciser le jeu vidéo comme l’origine du Mal parce que ce serait trop simpliste et faux. Mais il s’agit souvent d’une consommation qui dépasse la modération. Utiliser avec parcimonie, les jeux vidéo peuvent apporter des choses tout à fait positives : un travail sur 3 dimensions, le développement de l’adresse et certains éléments de motricité fine, ainsi que des éléments de concentration… La fascination pour les images violentes est naturelle chez l’enfant. Elle active paradoxalement un instinct de survie. Ce sont des phénomènes inconscients qui s’expliquent par le fait qu’en regardant ce qui est arrivé à l’autre, l’enfant va éviter de faire la même chose pour lui-même. Mais à partir du moment où l’on rentre dans une « cyber-addiction », l’enfant est en état de manque. Il joue 11h par nuit et se déscolarise parce qu’il s’endort en classe. En souffrance, il finit par avoir besoin d’aide.
Finalement, faut-il bannir ou accepter les jeux guerriers ?
Les parents ont une responsabilité tout à fait claire qu’est celle de mettre des cadres et des limites à l’enfant, tant au niveau éducatif que de l’utilisation de certains jeux. Mais il est normal qu’un enfant réclame un pistolet. En interdisant formellement à un enfant ce type de jeu, on risque davantage de le perturber qu’en le laissant jouer. L’interdiction abrupte peut laisser des images à l’enfant beaucoup plus délétères que de le laisser jouer comme tout le monde. Les parents ne doivent pas s’inquiéter du moindre geste ou de la petite phrase dite par l’enfant. Ils risquent de devenir de mauvais parents s’ils commencent à jouer les psychologues de leurs propres enfants.
Par l’intermédiaire du jeu guerrier, l’enfant peut exprimer une certaine violence en lui, qui se transformera en points positifs. C’est ce qu’on appelle l’abréaction, c’est-à-dire faire transparaître la violence et l’agressivité sous une autre forme, plutôt qu’elle se manifeste dans la cour de récré ou contre ses parents.
Auteur de : Mieux vivre… avec un enfant hyperactif
Propos recueillis par Elisa Deliège.