Et les parents, quels bénéfices en retirent-ils ?
Les parents réalisent que le handicap n’est pas contagieux, c’est-à-dire que les enfants valides ne régressent pas en passant du temps avec de jeunes handicapés. Très souvent d’ailleurs, ces adultes découvrent des potentialités dont il n’avait pas conscience auparavant, à l’instar de ces parents perplexes devant la chaleur humaine dégagée par les enfants handicapés et qui ne s’imaginaient pas que ces derniers puissent participer à un spectacle avec leurs enfants. C’est alors le regard des citoyens sur le handicap qui évolue.
Du côté des parents d’enfants en situation de handicap, l’existence de Loisirs Pluriel les repositionne sur un rôle de parent tout court, à l’inverse de la plupart des structures qui les stigmatisent.
Quels types de jeu engendrent les meilleurs échanges ?
Les activités créatives telles que la natation, la musique, la peinture ou encore la cuisine permettent d’ « égaliser » les compétences. Un garçon de 7 ans qui a peur de l’eau pourra ainsi être moins à l’aise dans une piscine qu’un garçon du même âge qui souffre d’un handicap physique mais qui sait bien nager.
Les jeux faisant appel à la réflexion et aux connaissances nécessitent souvent une adaptation des règles.
Les enfants se mêlent-ils spontanément, les valides ne restent-ils pas entre eux et les handicapés de même ?
Les enfants ne perçoivent pas la différence comme les adultes. C’est le jeu qui détermine la nature de leurs relations à venir. Les échanges entre les individus jusqu’à l’âge de 6-7ans, se forment et progressent quasi uniquement par le biais du jeu. Ce qui importe à leurs yeux, c’est de se rendre utile l’un à l’autre au travers du jeu et de gagner la partie. Nous constatons que lorsqu’un enfant handicapé fait gagner son équipe ou remporte seul une partie, il est automatiquement choisi en premier pour faire partie d’une équipe le mercredi suivant.
Propos recueillis par Maya Méducin.