On fait beaucoup de bilans dans la vie professionnelle, il peut être très tentant d'appliquer ces principes d'organisation à la vie personnelle. Même si ça ne peut pas toujours être aussi simple !
Et pourquoi a-t-on généralement tant de mal à les tenir ?
La Rochefoucauld disait dans ses Mémoires : Il faut tenir à une résolution parce qu'elle est bonne et non parce qu'on l'a prise ! Les magazines féminins vous dirons que vous n'y arrivez pas parce que vous visez tout de suite trop haut, vous vous fixez des buts irréalistes. Leur conseil sera de commencer petit, raisonnable. La vérité se situerait plutôt dans la question suivante : qu'est-ce qu'on veut changer de soi réellement ? Rien peut-être finalement. Dire qu'on va changer semble en soi suffisamment jouissif, surtout lorsqu'on ne change rien ! Mon propos ne sera certainement pas très politiquement correct, mais la vie ne va pas s'améliorer (ou temporairement peut-être) sous prétexte que vous réussirez à vaincre votre surpoids supposé, ou votre addiction à la cigarette ou votre désorganisation chronique. C'est la cause plus profonde de ces « travers » qui est éventuellement à travailler, si ils vous rendent réellement la vie impossible.
A quoi servent vraiment ces fameuses bonnes résolutions ?
Elles permettent instantanément de se sentir mieux avec soi-même, elles fonctionnent comme une sorte de doudou, de mantra rassurant. Prendre une bonne résolution c'est déjà avoir l'illusion de commencer à s'occuper de soi, même si c'est dur de se faire du bien ! Les gens ne sont pas si naïfs. Ils sont loin de croire dur comme « faire » à leur aptitude au changement radical ! Ce qui compte, c'est le pouvoir de l'invocation, de la pensée dite « magique », de la date symbolique... C'est aussi, et en fait ce n'est peut-être que cela, une affaire de vitalité désirante. Continuer de croire que l'on peut se dépasser et se surprendre soi-même, c'est rester vivant.
Propos recueillis par Julie Montaudon.