Comment les profs peuvent s'approprier cet outil ? Parfois ça leur fait peur, mais c'est quand même un bel enjeu. Je travaille actuellement sur un projet qui m'enthousiasme, mais que j'ai du mal à concrétiser faute de financements : je voudrais créer un JT des ados. Ils feraient eux-même des petits reportages sur les faits-divers qui les intéressent ou sur des sujets d'actualité politique pour les montrer ensuite à leur classe et enclencher des débats.
Un espace d'expression pour les jeunes
Le but pour les élèves est d'être actifs et non passifs : « j'apprend à faire un court métrage », « je prends une caméra ». Nous diffusons des courts-métrage réalisés par les jeunes, ça s'appelle Fais ton cinéma. L'aspect technique de la réalisation s'est vraiment simplifié ces dernières années et permet aux jeunes de s'exprimer, et de raconter les histoires qui les touchent vraiment. C'est un véritable objet d'expression. Nous leur consacrons une case d'une heure hebdomadaire. Et notre nouvelle campagne du mois d'avril est axée sur l'idée d'une « télé faite par les enfants ». Le cœur du sujet ? La télévision est un bon outil si on s'en empare et qu'on devient acteur et non plus seul spectateur, bien sûr.
Comment les profs accueillent cette idée d'utiliser la télé comme outil pédagogique ?
Les profs ne sont pas tous en refus devant l'utilisation de la télé comme outil pédagogique. La télé classique en direct n'est pas possible, ils utilisent donc des documentaires ou des DVD. C'est un « objet de travail » pas facile à intégrer dans des programmes déjà lourds. Et la télé peut vite faire concurrence au professeur qui est (et doit rester) celui qui dispense le savoir. Les professeurs réticents le sont d'abord pour cette raison. En effet, la télé a un tel pouvoir de fascination qu'elle vole la vedette au prof ! Elle a longtemps été diabolisée, et notamment par les profs. Alors qu'elle est un formidable outil dont on ne peut plus ignorer l'importance aujourd'hui. Nous travaillons dans l'optique que les enfants ne soient plus élevés uniquement par la télévision (occupation principale, construction et uniformité des références...), mais qu'elle devienne un outil à maîtriser et à optimiser.
Propos recueillis par Julie Montaudon.