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Oui à des journées moins longues à l’école ! Mais comment occuper ses enfants pendant le temps péri et extra-scolaire ?

Par Jean-Jacques Hazan, Président de la FCPE

Avec la potentielle refonte de la journée de classe se pose la question de l’aménagement du temps péri et extra-scolaire. Mais comment l’aborder ? Réponses avec Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE, Fédération des conseils de parents d’élèves.

Vous estimez qu’il est nécessaire de « maîtriser le temps scolaire ». Pourquoi ?

Car c’est du temps de travail ! Nous autres salariés avons droit à des pauses protégées (notamment à l’heure du déjeuner) et il n’y a pas de raison que les enfants, sous prétexte qu’ils ne sont pas payés, ne bénéficient pas d’un rythme adapté. Nous préconisons donc des journées de 5 heures en primaire et de 6 heures en collège. Quant au lycée, il ne devrait pas y avoir plus de 7 heures de cours par jour. D’ailleurs, si vous y réfléchissez, peu d’adultes arrivent à être attentifs et concentrés pendant 5 heures de réunion…

Pourquoi jugez-vous important d’intégrer le temps péri et extra-scolaire dans la réflexion sur l’école ?

Parce que l’enfant est entier. On peut difficilement comprendre ce qu’il vit si on ne s’intéresse pas à tout : le temps scolaire, le temps libre ou extra-scolaire (autrement dit les vacances) et tout ce qui se fait pendant les jours d’école, mais pas à l’école (soit le péri-scolaire). Là-dedans, il faut aussi considérer les activités induites par l’école, notamment la plus chronophage et la plus inutile de toutes : les devoirs ! Nous sommes défavorables à des surcharges de travail scolaire en dehors du temps scolaire.

 

Le travail doit être fait à l’école. Il est illusoire de croire que les mômes vont réussir à la maison ce qu’ils n’ont pas réussi à faire en classe. Aucune étude n’a jamais prouvé l’utilité des devoirs. Par contre, la guérilla familiale, le temps perdu, ça, ça existe bel et bien ! Le monde de l’entreprise cherche des gens autonomes capables de travailler en groupe et l’Education nationale forme le contraire : des individus sous pression qui travaillent seuls.

 

Mais comment bien occuper le temps laissé ainsi « vacant » ?

L’idée n’est bien sûr pas de tout renvoyer sur la responsabilité des familles, car celles-ci ne sont pas égales financièrement parlant. Il faut assurer une équité réelle dans ce qu’on offre et cela passe par une réflexion sur la gratuité et les contenus. Plus qu’une somme d’activités, il faut avoir un projet éducatif. C’est localement, au niveau des communes, que les choses doivent être définies. Il faut initier le dialogue et mettre en cohérence de tous les acteurs (mairie, parents, associations) pour faire ce que nous appelons de la co-éducation. Il y a déjà des villes qui ont des projets éducatifs très élaborés, où par exemple les menus de la cantine sont pensés avec une diététicienne et ensuite « étudiés » en classe lors de sessions de découverte sur la cuisine. Quand un tel projet est mis en place, les financements suivent.

 

Il faut également veiller, dites-vous, à ne pas faire de « l’intelli-chiant »…

Oui. Ce temps dégagé doit être un temps éducatif non contraint, sans la pression des notes. Proposer des cours d’anglais ? Non ! Il vaut largement mieux organiser une sortie au cinéma pour voir un film en version originale, afin que les élèves entendent de l’anglais dans un contexte qui leur donne envie de progresser. Vous savez, tous les jeunes qui chantent en anglais dans leurs groupes de rock ont rarement appris leurs textes à l’école !

Dans sa vie de tous les jours, un enfant a accès à énormément de contenus, de sources d’information. Le rôle de l’école, c’est d’aider les élèves à faire le tri et de « refaire du savoir ». Il faut permettre à tous les jeunes d’aller voir au-delà de leur quartier, de se confronter à l’inconnu, de développer leur esprit critique. Sans pour autant être dans une consommation d’activités. Il ne s’agit pas non plus de remplir toutes les « cases ». Le temps perdu à s’ennuyer est également très important pour le développement de l’enfant.

 

Propos recueillis par Natacha Czerwinski.

 

 

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Par Jean-Jacques Hazan, Président de la FCPE


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Tous les commentaires

    • Kti33 (le 07/09/11 à 20H05)M. HAZAN Ministre de l'Education Nationale, en voilà une bonne idée ! Il sait tout cet homme !

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